Avec : Ibrahima Faye, responsable de planification et de suivi-évaluation du projet PRODAM II (Projet de Développement Agricole de Matam); Samba Ndiaye, consultant Foutanet; Abdnil Ndaye et Aïcha Thiam, animateurs du centre d'information d'Ogo
Quand : le 19 juin 2008
Où : PRODAM II, Matam et Ogo, Sénégal
Objet : les centres d'information supporté par le PRODAM II
Il n’est jamais trop de rappeler que la pérennité d’une initiative de développement dépend essentiellement de la cohérence entre ses objectifs et les besoins exprimés par la population concernée. Une façon d'assurer une réponse adaptée aux besoins locaux est d'intégrer le plus possible les acteurs locaux dans la conception et la mise en œuvre de cette réponse. C'est en respectant cette prémisse que se développent les centres d'information au sein du projet PRODAM II.
Les centres comptent avec une centre de documentation, des ordinateurs, une imprimante, parfois une photocopieuse et de plus en plus avec la connexion à internet. Le fonctionnement de chaque centre est assuré par deux animateurs, un homme et une femme, qui travaillent bénévolement pour permettre à la population locale de profiter des services comme l'accès à des informations pratiques (moyens de transport, prix de semence, etc.), la saisie de documents, des renseignements de santé (en langue locale), etc. Avant la mise en place des centres, les habitants de la région avaient besoin de faire de grands déplacements pour avoir de telles informations, ce qui pouvait le prendre toute une journée. Grâce à l'initiative des acteurs locaux, à l'aide du projet PRODAM II et au dévouement des animateurs, ces centres sont opérationnels et attirent de plus en plus d'utilisateurs.
Monsieur Faye nous rappelle que les acteurs extérieurs à la communauté doivent trouver un subtil équilibre entre engagement et désengagement, le premier pour montrer de l’intérêt, de la motivation; le deuxième pour faire preuve de respect et d'humilité. Face à un objectif sincère de développement local de la part des acteurs extérieurs, l'esprit pratique même suggère ce désengagement: l'appui extérieur ne peut ni doit se perpétuer. En bref, la participation active des acteurs locaux favorise leur appropriation des techniques et des méthodes, l'appropriation amène à l'autonomie par rapport à des acteurs extérieurs, et l'autonomie est la clé pour la pérennité du projet de développement local. Voici la recette qui essaient de mettre en place les membres du projet PRODAM II en partenariat avec des acteurs de la communauté, comme les animateurs bénévoles des centres d'information.
Français: Blog sur la thèse de doctorat d'Eric Pasquati, dont le thème est l'appropriation des technologies de l'information et de la communication (TIC) par des agriculteurs ouest-africains.
English: Eric Pasquati's PhD concerning the appropriation of ICT by farmers in West Africa. Please, fell free to leave your comments in English.
Português: Tese de doutorado de Eric Pasquati sobre a apropriação das tecnologias da informação e da comunicação (TIC) pelos agricultores da África do Oeste. Será um prazer discutir também em Português sobre o tema.
Español: Tesis de doctorado de Eric Pasquati sobre la apropiación de las tecnologías de información y de la comunicación (TIC) por los agricultores del África de l'Oeste. Sientan la libertad de dejar también sus comentarios en español.
English: Eric Pasquati's PhD concerning the appropriation of ICT by farmers in West Africa. Please, fell free to leave your comments in English.
Português: Tese de doutorado de Eric Pasquati sobre a apropriação das tecnologias da informação e da comunicação (TIC) pelos agricultores da África do Oeste. Será um prazer discutir também em Português sobre o tema.
Español: Tesis de doctorado de Eric Pasquati sobre la apropiación de las tecnologías de información y de la comunicación (TIC) por los agricultores del África de l'Oeste. Sientan la libertad de dejar también sus comentarios en español.
Affichage des articles dont le libellé est sur le terrain / in the field. Afficher tous les articles
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11 sept. 2008
29 août 2008
Voyage de juin 2008 - enseignements
Chacun des trois principales entraves au développement des systèmes d'information agricole citées précédemment (dans l'article des constats) donne lieu à un enseignement: l'importance de la structuration et de la transparence des OP, la nécessité de formation des acteurs à l'utilisation des systèmes, et les caractéristiques de base d'une plateforme technologique adaptée (coût réduit, largement propagée et basée sur l'oralité). Les constats concernant des aspects culturels liés à l'échange de connaissances nous permettent, d'un côté, de conclure que le questionnement de la thèse est cohérent avec la préoccupation actuelle des OP de promouvoir des échanges de connaissance et leur efficacité, et de l'autre côté, d'identifier une des conditions socioculturelles pour atteindre cet objectif: la prise en compte de l'oralité. Voici donc ces enseignements commentés.
Il faut que les agriculteurs soient organisés en organisations professionnelles pour pouvoir utiliser efficacement un système d’informations. La priorité de la structuration des organisations paysannes pour le développement rural en général et pour celui des systèmes d'appui en information en particulier a été rappelée par plusieurs de nos interlocuteurs, non pas seulement issus d'OP, mais également d'autres d'institutions indépendantes. Tous sont d'accord pour dire qu'en absence d'une structuration forte et transparente de la profession agricole les agriculteurs ne seront pas en condition de bénéficier d'un système d'information. En ce qui concerne le système d'informations, la structuration de l'organisation professionnelle sert à formaliser les rôles des différents personnes qui constitueront les points-clés du réseau de circulation d'informations. Les degrés de structuration du système et de transparence de son fonctionnement détermineront la facilité de circulation des informations au sein de l'organisation. La structuration des organisations professionnelles reste donc une priorité.
Face au constat du manque de formation des agriculteurs, considéré par bonne partie des acteurs rencontrés comme la deuxième contrainte majeure au développement agricole, toute initiative de développement à travers le déploiement d'un système d'information doit comporter un volet d'accompagnement pour la formation des utilisateurs. Cet accompagnement doit comporter aussi bien de la formation à l'utilisation des outils techniques du système que des indications méthodologiques à propos du traitement et de l'échange d'informations. Si en plus le système est conçu de façon participative et claire pour répondre aux besoins locaux, les utilisateurs seront convaincus de son utilité, et l'appropriation des moyens techniques utilisés sera favorisée. Les utilisateurs potentiels seront motivés pour apprendre et, aidés par des locaux, ils seront plus à l'aise pour surmonter des éventuelles difficultés dans la maitrise opérationnelle du système.
Puisque l'accès à internet et conséquemment la maîtrise de son utilisation sont encore très limités en Afrique de l'Ouest, surtout dans le monde rural, ce moyen de communication ne peut pas actuellement jouer le rôle principal dans la configuration d'un système d'information agricole. Dans le contexte actuel, et visant à assurer des résultats à court et moyen terme, un tel système doit utiliser des technologies dont l'accès soit moins cher et plus généralisé que celui d'internet. En plus de cela, l'appropriation du système sera d'autant plus facile que les technologies utilisées permettent l'exploration de la dimension orale dans la communication. En bref, il faut une technologie à bas coût d'accès et d'utilisation, basée sur l'oralité et qui soit largement propagée dans le monde rural africain; voilà un cahier des charges auquel la radio et, de plus en plus, le téléphone portable semblent pouvoir répondre.
Pour le développement d'un système d'information agricole, l'ordre de priorités suggéré ici – en premier lieu la structuration des OP, ensuite la formation des agriculteurs et seulement en troisième lieu la question de l'infrastructure technologique – attribue délibérément un rôle accessoire à la technologie. La technologie n'est pas une fin en soi. Mais tous les acteurs rencontrés sont convaincus de son importance et de son potentiel pour faciliter les échanges entre les divers acteurs de terrain. La technologie est un catalyseur du développement local, un outil pour rendre ce développement plus facile et plus rapide. En plus, le bon usage de la technologie peut engendrer des résultats positifs du côté de la structuration des OP: "catalysant" la communication interne, la technologie facilite une plus grande participation des producteurs aux activités de l’organisation professionnelle, fortifiant en conséquence sa structure.
En ce qui concerne les aspects culturels mis en avance précédemment, d'un côté nous pouvons vérifier que l'intérêt par l'échange de connaissances dans le monde rural est déjà exprimé par les agriculteurs ouest-africains. La motivation de la thèse[1] n'est donc pas fondée sur une simple hypothèse, elle s'avère en cohérence avec une réalité du terrain. L'expression spontanée du besoin d'échanger davantage des informations et des connaissances entre les agriculteurs témoigne de la maturité du sujet et suggère un bon accueil de la part des organisations et des projets opérationnels pour l'analyse proposée dans notre travail de recherche. De l'autre côté, le retour à la campagne des jeunes, qui étaient partis chercher une formation supérieure en ville ou à l'étranger, peut engendrer un nouveau souffle pour le développement rural. Cette nouvelle génération d'acteurs locaux est mieux disposée et préparée à l'utilisation des TIC et peut dynamiser davantage les relations entre les agriculteurs.
Enfin, la prise en compte de l'oralité, tant qu'aspect fondamental de la culture communicationnelle ouest-africaine, est une condition nécessaire au succès des systèmes d'échange d'information et de connaissances entre les agriculteurs. Le degré d'adéquation des systèmes d'information à cette caractéristique socioculturelle détermine la facilité de leur appropriation par la population et donc leur niveau de réussite.
__________
[1] "La motivation première de ce travail est l'analyse des conditions de mise en œuvre d'un système d'échange de connaissances entre des agriculteurs africains." (dans l'introduction de ce document)
Il faut que les agriculteurs soient organisés en organisations professionnelles pour pouvoir utiliser efficacement un système d’informations. La priorité de la structuration des organisations paysannes pour le développement rural en général et pour celui des systèmes d'appui en information en particulier a été rappelée par plusieurs de nos interlocuteurs, non pas seulement issus d'OP, mais également d'autres d'institutions indépendantes. Tous sont d'accord pour dire qu'en absence d'une structuration forte et transparente de la profession agricole les agriculteurs ne seront pas en condition de bénéficier d'un système d'information. En ce qui concerne le système d'informations, la structuration de l'organisation professionnelle sert à formaliser les rôles des différents personnes qui constitueront les points-clés du réseau de circulation d'informations. Les degrés de structuration du système et de transparence de son fonctionnement détermineront la facilité de circulation des informations au sein de l'organisation. La structuration des organisations professionnelles reste donc une priorité.
Face au constat du manque de formation des agriculteurs, considéré par bonne partie des acteurs rencontrés comme la deuxième contrainte majeure au développement agricole, toute initiative de développement à travers le déploiement d'un système d'information doit comporter un volet d'accompagnement pour la formation des utilisateurs. Cet accompagnement doit comporter aussi bien de la formation à l'utilisation des outils techniques du système que des indications méthodologiques à propos du traitement et de l'échange d'informations. Si en plus le système est conçu de façon participative et claire pour répondre aux besoins locaux, les utilisateurs seront convaincus de son utilité, et l'appropriation des moyens techniques utilisés sera favorisée. Les utilisateurs potentiels seront motivés pour apprendre et, aidés par des locaux, ils seront plus à l'aise pour surmonter des éventuelles difficultés dans la maitrise opérationnelle du système.
Puisque l'accès à internet et conséquemment la maîtrise de son utilisation sont encore très limités en Afrique de l'Ouest, surtout dans le monde rural, ce moyen de communication ne peut pas actuellement jouer le rôle principal dans la configuration d'un système d'information agricole. Dans le contexte actuel, et visant à assurer des résultats à court et moyen terme, un tel système doit utiliser des technologies dont l'accès soit moins cher et plus généralisé que celui d'internet. En plus de cela, l'appropriation du système sera d'autant plus facile que les technologies utilisées permettent l'exploration de la dimension orale dans la communication. En bref, il faut une technologie à bas coût d'accès et d'utilisation, basée sur l'oralité et qui soit largement propagée dans le monde rural africain; voilà un cahier des charges auquel la radio et, de plus en plus, le téléphone portable semblent pouvoir répondre.
Pour le développement d'un système d'information agricole, l'ordre de priorités suggéré ici – en premier lieu la structuration des OP, ensuite la formation des agriculteurs et seulement en troisième lieu la question de l'infrastructure technologique – attribue délibérément un rôle accessoire à la technologie. La technologie n'est pas une fin en soi. Mais tous les acteurs rencontrés sont convaincus de son importance et de son potentiel pour faciliter les échanges entre les divers acteurs de terrain. La technologie est un catalyseur du développement local, un outil pour rendre ce développement plus facile et plus rapide. En plus, le bon usage de la technologie peut engendrer des résultats positifs du côté de la structuration des OP: "catalysant" la communication interne, la technologie facilite une plus grande participation des producteurs aux activités de l’organisation professionnelle, fortifiant en conséquence sa structure.
En ce qui concerne les aspects culturels mis en avance précédemment, d'un côté nous pouvons vérifier que l'intérêt par l'échange de connaissances dans le monde rural est déjà exprimé par les agriculteurs ouest-africains. La motivation de la thèse[1] n'est donc pas fondée sur une simple hypothèse, elle s'avère en cohérence avec une réalité du terrain. L'expression spontanée du besoin d'échanger davantage des informations et des connaissances entre les agriculteurs témoigne de la maturité du sujet et suggère un bon accueil de la part des organisations et des projets opérationnels pour l'analyse proposée dans notre travail de recherche. De l'autre côté, le retour à la campagne des jeunes, qui étaient partis chercher une formation supérieure en ville ou à l'étranger, peut engendrer un nouveau souffle pour le développement rural. Cette nouvelle génération d'acteurs locaux est mieux disposée et préparée à l'utilisation des TIC et peut dynamiser davantage les relations entre les agriculteurs.
Enfin, la prise en compte de l'oralité, tant qu'aspect fondamental de la culture communicationnelle ouest-africaine, est une condition nécessaire au succès des systèmes d'échange d'information et de connaissances entre les agriculteurs. Le degré d'adéquation des systèmes d'information à cette caractéristique socioculturelle détermine la facilité de leur appropriation par la population et donc leur niveau de réussite.
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[1] "La motivation première de ce travail est l'analyse des conditions de mise en œuvre d'un système d'échange de connaissances entre des agriculteurs africains." (dans l'introduction de ce document)
13 août 2008
Voyage de juin 2008 - constats
Une analyse comparative des divers entretiens réalisés a permis l'identification de certains invariants dans la caractérisation des principaux problèmes liés au développement des systèmes d'information agricoles en Afrique de l'Ouest. L'observation attentive de la dynamique des systèmes existants est venue compléter cette analyse pour permettre une meilleure compréhension des enjeux liés à l'échange d'informations et de connaissances entre les divers acteurs. En complément, nous présentons des constats relatifs à la base technologique des systèmes d'information dans le contexte rural africain.
En tête de la liste de préoccupations des acteurs interviewés, le faible niveau de structuration des organisations paysannes (OP) semble pénaliser fortement leur efficacité en Afrique de l'Ouest. D'un côté, en raison de leur faible structuration, les OP n'atteignent pas l'autonomie par rapport à des projets de développement spécifiques, qui ont naturellement à la fois un budget et une durée limités. De l'autre côté, en dépit de l'existence de fonctions formelles distinctes dans les organisations, en pratique la centralisation des informations et du pouvoir sur quelques élus sont des entraves à la circulation de l’information. En général, les systèmes d'information ne trouvent pas un support institutionnel suffisamment structuré et transparent sur lequel se développer.
Le faible niveau de formation des agriculteurs s'ajoute au manque de structuration professionnelle dans la liste des contraintes majeures au développement dans le contexte rural africain. L'analphabétisme fonctionnel qui caractérise la grande majorité de la population rurale limite les effets bénéfiques potentiels de la communication: les messages destinés aux agriculteurs doivent être tellement résumés et simplifiés afin d'être appropriables, qu'ils risquent de se vider de contenu. Ainsi, le travail des relais en communication est essentiellement d'alléger les informations reçues avant de les diffuser aux agriculteurs, ce qui pousse à ses limites la neutralité de cette fonction.
Ce n'est qu'en troisième lieu qui arrive le problème du manque d'infrastructure informatique de communication. Il est présent certes, à la fois en termes d’accès[1], de coût d’utilisation[2] et de fiabilité du service proposé en Afrique de l'Ouest. Mais l'importance de ce problème est relativisée par les acteurs plus expérimentés car l'efficacité d'utilisation de l'infrastructure est fortement conditionnée par les niveaux de structuration de l'organisation professionnelle et de formation des utilisateurs finaux, dans ce cas les agriculteurs. Dans l'analyse des acteurs rencontrés, le rôle de la technologie reste accessoire dans le processus de développement.
Enfin, et plutôt basé sur l'observation que sur l'analyse des entretiens, l'importance de la motivation individuelle des acteurs intermédiaires pour le succès des systèmes d'information a été constatée. Une grande hétérogénéité en termes de réactivité et d'efficacité de la communication au sein d'un même système, selon des cas spécifiques, nous a fait remarquer l'influence de la motivation personnelle des acteurs intermédiaires dans le fonctionnement global du système.
A part cette hiérarchisation des principales difficultés rencontrées dans le développement des systèmes d'information agricoles, trois constats nous semblent fondamentaux pour la compréhension des enjeux culturels liés à l'échange de connaissances entre les agriculteurs ouest-africains et à la promotion de cet échange : tout d'abord la disposition naturelle à l'échange et la volonté d'échanger davantage des agriculteurs, ensuite l'importance de l'oralité dans leur communication, et finalement l'attachement de la nouvelle génération au monde rural.
L'agriculteur ouest-africain est en général communicatif, il valorise les échanges avec ses pairs, en particulier dans le domaine professionnel. Tous les cas analysés dans cette mission confirment l'intérêt par l'échange d'informations et de connaissances, aussi bien au niveau institutionnel – la communication est une priorité stratégique pour les OP analysées – qu'individuel – les agriculteurs rencontrés veulent avoir d'avantage d'informations et d'occasions d'échange avec leurs pairs. A titre d'exemple, citons Emmanuel BoroKié Sanou, vice-président de l'union provinciale des producteurs de coton de Houet (Burkina-Faso) et président de l'union départementale de Bobo-Dioulasso, qui nous a parlé de l'intérêt qu'il pourrait avoir dans la transmission de connaissances entre les agriculteurs – surtout pour que les plus âgés comme lui puissent donner des conseils aux plus jeunes. Promouvoir l'échange d'informations, de connaissances et de savoirs-faires entre les agriculteurs ouest-africains, c'est moins une question de susciter l'intérêt que d'élaborer des méthodes adaptées et de rendre disponible des moyens techniques appropriés.
L'oralité est un aspect fondamental des cultures ouest-africaines. Les méthodes et les technologies qui sont plus facilement appropriables par les agriculteurs se basent toujours sur l'oralité. Elle est le résultat non pas seulement du faible niveau de formation – face au taux élevé d'analphabétisme de la population, le support vocal s'impose dans l'opérationnalisation de la communication – mais aussi d'une tendance culturelle – indépendamment du niveau de formation, la communication orale est préférée par habitude et coutume.
Presque tous en Afrique de l'Ouest ont une histoire lié à l'agriculture et à la vie en milieu rural. Ceux qui sont allé en ville à la recherche d’opportunités y ont trouvé également des inconvénients de poids. L’idée selon laquelle le développement ne peut se faire qu’à l’intérieur des murs de la ville commence à être relativisée. L'exemple ici vient du Sénégal, d'où Amadou Diop, chargé de communication à l'ASPRODEB, nous parle de jeunes sénégalais issus du milieu rural qui, après une formation supérieure en ville ou à l'étranger, confirment leur intérêt par le développement rural, et rentrent en brousse pour servir de leadership local. En raison de leurs parcours d'études ces jeunes sont normalement habitués à une dynamique forte en termes de communication, souvent par l'intermédiaire de l'utilisation des TIC, et peuvent jouer le rôle de promoteurs des échanges entre agriculteurs.
Maintenant, plus particulièrement sur l'utilisation des technologies, nous avons trois constats principaux: la cherté de l'accès à internet, l'explosion du téléphone portable en ville et le caractère incontournable de la radio en milieu rural.
L'utilisation de l'internet est encore très réduite, moins en raison de la possibilité d'accès que du coût des services proposés. Par exemple, la connexion à haut débit est disponible dans toutes les régions du Sénégal mais cela n'empêche pas le nombre d'utilisateurs d’être encore très faible. Les fournisseurs de services internet explorent encore le modèle économique de prix élevés et nombre réduit d'utilisateurs et tant que cela ne sera pas changé les coûts d'accès et d'utilisation resteront élevés. En plus, le réseau électrique est souvent précaire et les coupures de courant sont fréquentes, ce qui rend difficile l'utilisation continue d'internet même pour ceux qui peuvent se le procurer.
Le téléphone portable a déclenché un phénomène social d'envergure en Afrique de l'Ouest, le coût d'accès est relativement faible, et le nombre d'utilisateurs a augmenté exponentiellement dans les dernières années[3]. Cette révolution reste néanmoins essentiellement urbaine: argumentant que la faible densité de population dans les zones rurales ne permet pas une rentabilité suffisante des infrastructures, très peu d'opérateurs mobiles s'intéressent au monde rural. Une argumentation souvent infondée, comme montre le partenariat au Burkina Faso entre l'Union de Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB) et l'opérateur Celtel: appelé "la flotte"[4] par les utilisateurs, ce projet de déploiement du réseau de téléphonie mobile dans les zones rurales a été un grand succès et commence à être mis en place également dans d'autres pays d'Afrique où l'opérateur en question est présent. Hormis les cas exceptionnels comme celui là, l'utilisation du téléphone portable dans le contexte professionnel agricole se heurte encore à une couverture souvent insuffisante dans les zones rurales et certainement aussi au coût d'accès qui, même que moins élevé que celui de l'internet, reste important par rapport au budget des ménages ruraux. En plus de cela, et en vue à la fois de la contrainte de l'analphabétisme dans les zones rurales et de l'influence culturelle de l'oralité, là où le portable est utilisé par des agriculteurs, cette utilisation reste essentiellement limitée à des échanges oraux.
La radio s'impose encore comme le moyen incontournable quand on parle de diffusion d'informations à un grand nombre d'agriculteurs. Avec un coût d'accès marginal et celui d'utilisation pratiquement nul, le fait non négligeable d'être déjà très diffusée parmi les agriculteurs et en plus basée intégralement sur l'oralité, la radio répond efficacement à la fois à des contraintes budgétaires et à des habitudes culturelles de la population rurale ouest-africaine.
__________
[1] La majorité des villages ruraux ne sont pas reliés ni même au réseau électrique.
[2] Là où la connexion est possible, l'utilisation d'internet reste chère par rapport au budget des ménages ruraux. Le coût d'accès dans un cybercafé, par exemple, va de 200 FCFA par heure à Dakar, à 500 FCFA par heure à Bamako ou à Bobo-Dioulasso. Une connexion internet personnelle à bas débit coute de 20.000 FCFA à 30.000 FCFA par mois selon la région.
[3] Selon l'Union Internationale de Télécommunications (UIT), l'utilisation des téléphones portables en Afrique a augmenté de 65% par an, dans les cinq dernières années – ce qui représente le double de la croissance moyenne mondiale (cliquez ici pour voir la source). Actuellement, encore selon des statistiques de l'UIT, l'Afrique compte plus de 300 millions d'utilisateurs de téléphones portables, et le taux de pénétration de la technologie dans le continent est proche de 30% (cliquez ici pour voir la source).
[4] Il s'agit d'un contrat préférentiel signé entre l'opérateur de téléphonie mobile Celtel et l'UNPCB, permettant la communication illimitée entre un nombre donné d'appareils téléphoniques portables, contre le payement d'un abonnement fixe par mois. Pour des plus amples informations sur la flotte voir l'article "Visite à Celtel"
En tête de la liste de préoccupations des acteurs interviewés, le faible niveau de structuration des organisations paysannes (OP) semble pénaliser fortement leur efficacité en Afrique de l'Ouest. D'un côté, en raison de leur faible structuration, les OP n'atteignent pas l'autonomie par rapport à des projets de développement spécifiques, qui ont naturellement à la fois un budget et une durée limités. De l'autre côté, en dépit de l'existence de fonctions formelles distinctes dans les organisations, en pratique la centralisation des informations et du pouvoir sur quelques élus sont des entraves à la circulation de l’information. En général, les systèmes d'information ne trouvent pas un support institutionnel suffisamment structuré et transparent sur lequel se développer.
Le faible niveau de formation des agriculteurs s'ajoute au manque de structuration professionnelle dans la liste des contraintes majeures au développement dans le contexte rural africain. L'analphabétisme fonctionnel qui caractérise la grande majorité de la population rurale limite les effets bénéfiques potentiels de la communication: les messages destinés aux agriculteurs doivent être tellement résumés et simplifiés afin d'être appropriables, qu'ils risquent de se vider de contenu. Ainsi, le travail des relais en communication est essentiellement d'alléger les informations reçues avant de les diffuser aux agriculteurs, ce qui pousse à ses limites la neutralité de cette fonction.
Ce n'est qu'en troisième lieu qui arrive le problème du manque d'infrastructure informatique de communication. Il est présent certes, à la fois en termes d’accès[1], de coût d’utilisation[2] et de fiabilité du service proposé en Afrique de l'Ouest. Mais l'importance de ce problème est relativisée par les acteurs plus expérimentés car l'efficacité d'utilisation de l'infrastructure est fortement conditionnée par les niveaux de structuration de l'organisation professionnelle et de formation des utilisateurs finaux, dans ce cas les agriculteurs. Dans l'analyse des acteurs rencontrés, le rôle de la technologie reste accessoire dans le processus de développement.
Enfin, et plutôt basé sur l'observation que sur l'analyse des entretiens, l'importance de la motivation individuelle des acteurs intermédiaires pour le succès des systèmes d'information a été constatée. Une grande hétérogénéité en termes de réactivité et d'efficacité de la communication au sein d'un même système, selon des cas spécifiques, nous a fait remarquer l'influence de la motivation personnelle des acteurs intermédiaires dans le fonctionnement global du système.
A part cette hiérarchisation des principales difficultés rencontrées dans le développement des systèmes d'information agricoles, trois constats nous semblent fondamentaux pour la compréhension des enjeux culturels liés à l'échange de connaissances entre les agriculteurs ouest-africains et à la promotion de cet échange : tout d'abord la disposition naturelle à l'échange et la volonté d'échanger davantage des agriculteurs, ensuite l'importance de l'oralité dans leur communication, et finalement l'attachement de la nouvelle génération au monde rural.
L'agriculteur ouest-africain est en général communicatif, il valorise les échanges avec ses pairs, en particulier dans le domaine professionnel. Tous les cas analysés dans cette mission confirment l'intérêt par l'échange d'informations et de connaissances, aussi bien au niveau institutionnel – la communication est une priorité stratégique pour les OP analysées – qu'individuel – les agriculteurs rencontrés veulent avoir d'avantage d'informations et d'occasions d'échange avec leurs pairs. A titre d'exemple, citons Emmanuel BoroKié Sanou, vice-président de l'union provinciale des producteurs de coton de Houet (Burkina-Faso) et président de l'union départementale de Bobo-Dioulasso, qui nous a parlé de l'intérêt qu'il pourrait avoir dans la transmission de connaissances entre les agriculteurs – surtout pour que les plus âgés comme lui puissent donner des conseils aux plus jeunes. Promouvoir l'échange d'informations, de connaissances et de savoirs-faires entre les agriculteurs ouest-africains, c'est moins une question de susciter l'intérêt que d'élaborer des méthodes adaptées et de rendre disponible des moyens techniques appropriés.
L'oralité est un aspect fondamental des cultures ouest-africaines. Les méthodes et les technologies qui sont plus facilement appropriables par les agriculteurs se basent toujours sur l'oralité. Elle est le résultat non pas seulement du faible niveau de formation – face au taux élevé d'analphabétisme de la population, le support vocal s'impose dans l'opérationnalisation de la communication – mais aussi d'une tendance culturelle – indépendamment du niveau de formation, la communication orale est préférée par habitude et coutume.
Presque tous en Afrique de l'Ouest ont une histoire lié à l'agriculture et à la vie en milieu rural. Ceux qui sont allé en ville à la recherche d’opportunités y ont trouvé également des inconvénients de poids. L’idée selon laquelle le développement ne peut se faire qu’à l’intérieur des murs de la ville commence à être relativisée. L'exemple ici vient du Sénégal, d'où Amadou Diop, chargé de communication à l'ASPRODEB, nous parle de jeunes sénégalais issus du milieu rural qui, après une formation supérieure en ville ou à l'étranger, confirment leur intérêt par le développement rural, et rentrent en brousse pour servir de leadership local. En raison de leurs parcours d'études ces jeunes sont normalement habitués à une dynamique forte en termes de communication, souvent par l'intermédiaire de l'utilisation des TIC, et peuvent jouer le rôle de promoteurs des échanges entre agriculteurs.
Maintenant, plus particulièrement sur l'utilisation des technologies, nous avons trois constats principaux: la cherté de l'accès à internet, l'explosion du téléphone portable en ville et le caractère incontournable de la radio en milieu rural.
L'utilisation de l'internet est encore très réduite, moins en raison de la possibilité d'accès que du coût des services proposés. Par exemple, la connexion à haut débit est disponible dans toutes les régions du Sénégal mais cela n'empêche pas le nombre d'utilisateurs d’être encore très faible. Les fournisseurs de services internet explorent encore le modèle économique de prix élevés et nombre réduit d'utilisateurs et tant que cela ne sera pas changé les coûts d'accès et d'utilisation resteront élevés. En plus, le réseau électrique est souvent précaire et les coupures de courant sont fréquentes, ce qui rend difficile l'utilisation continue d'internet même pour ceux qui peuvent se le procurer.
Le téléphone portable a déclenché un phénomène social d'envergure en Afrique de l'Ouest, le coût d'accès est relativement faible, et le nombre d'utilisateurs a augmenté exponentiellement dans les dernières années[3]. Cette révolution reste néanmoins essentiellement urbaine: argumentant que la faible densité de population dans les zones rurales ne permet pas une rentabilité suffisante des infrastructures, très peu d'opérateurs mobiles s'intéressent au monde rural. Une argumentation souvent infondée, comme montre le partenariat au Burkina Faso entre l'Union de Producteurs de Coton du Burkina (UNPCB) et l'opérateur Celtel: appelé "la flotte"[4] par les utilisateurs, ce projet de déploiement du réseau de téléphonie mobile dans les zones rurales a été un grand succès et commence à être mis en place également dans d'autres pays d'Afrique où l'opérateur en question est présent. Hormis les cas exceptionnels comme celui là, l'utilisation du téléphone portable dans le contexte professionnel agricole se heurte encore à une couverture souvent insuffisante dans les zones rurales et certainement aussi au coût d'accès qui, même que moins élevé que celui de l'internet, reste important par rapport au budget des ménages ruraux. En plus de cela, et en vue à la fois de la contrainte de l'analphabétisme dans les zones rurales et de l'influence culturelle de l'oralité, là où le portable est utilisé par des agriculteurs, cette utilisation reste essentiellement limitée à des échanges oraux.
La radio s'impose encore comme le moyen incontournable quand on parle de diffusion d'informations à un grand nombre d'agriculteurs. Avec un coût d'accès marginal et celui d'utilisation pratiquement nul, le fait non négligeable d'être déjà très diffusée parmi les agriculteurs et en plus basée intégralement sur l'oralité, la radio répond efficacement à la fois à des contraintes budgétaires et à des habitudes culturelles de la population rurale ouest-africaine.
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[1] La majorité des villages ruraux ne sont pas reliés ni même au réseau électrique.
[2] Là où la connexion est possible, l'utilisation d'internet reste chère par rapport au budget des ménages ruraux. Le coût d'accès dans un cybercafé, par exemple, va de 200 FCFA par heure à Dakar, à 500 FCFA par heure à Bamako ou à Bobo-Dioulasso. Une connexion internet personnelle à bas débit coute de 20.000 FCFA à 30.000 FCFA par mois selon la région.
[3] Selon l'Union Internationale de Télécommunications (UIT), l'utilisation des téléphones portables en Afrique a augmenté de 65% par an, dans les cinq dernières années – ce qui représente le double de la croissance moyenne mondiale (cliquez ici pour voir la source). Actuellement, encore selon des statistiques de l'UIT, l'Afrique compte plus de 300 millions d'utilisateurs de téléphones portables, et le taux de pénétration de la technologie dans le continent est proche de 30% (cliquez ici pour voir la source).
[4] Il s'agit d'un contrat préférentiel signé entre l'opérateur de téléphonie mobile Celtel et l'UNPCB, permettant la communication illimitée entre un nombre donné d'appareils téléphoniques portables, contre le payement d'un abonnement fixe par mois. Pour des plus amples informations sur la flotte voir l'article "Visite à Celtel"
7 août 2008
Coût d’utilisation d’internet en Afrique de l'Ouest
Voici quelques données sur les coûts d'utilisation d'internet dans les villes visitées.
Accès à internet dans un cybercafé
Dakar (Sénégal): de 200 à 300 FCFA* par heure
Matam (Sénégal): 300 FCFA par heure
Bamako (Mali): 500 FCFA par heure
Bobo-Dioulasso (Burkina Faso): 300 à 500 FCFA par heure
Connexion internet personnelle
Dakar (Sénégal): à partir de 20.000 FCFA par mois
Bamako (Mali): à partir de 30.000 FCFA par mois
Bobo-Dioulasso (Burkina Faso): à partir de 20.000 FCFA par mois
(…en cours de rédaction…)
* 1 euro = 655 FCFA
Sources : entretiens Marius Dia (CNCR), Mamadou Ba (CRCR de Dakar), Mamadou Bocoum (CRCR de Matam), Komonsira Dioma (AProCA), Natha Diara (UN-SCPC), Rose Somda (UNPCB)
Accès à internet dans un cybercafé
Dakar (Sénégal): de 200 à 300 FCFA* par heure
Matam (Sénégal): 300 FCFA par heure
Bamako (Mali): 500 FCFA par heure
Bobo-Dioulasso (Burkina Faso): 300 à 500 FCFA par heure
Connexion internet personnelle
Dakar (Sénégal): à partir de 20.000 FCFA par mois
Bamako (Mali): à partir de 30.000 FCFA par mois
Bobo-Dioulasso (Burkina Faso): à partir de 20.000 FCFA par mois
(…en cours de rédaction…)
* 1 euro = 655 FCFA
Sources : entretiens Marius Dia (CNCR), Mamadou Ba (CRCR de Dakar), Mamadou Bocoum (CRCR de Matam), Komonsira Dioma (AProCA), Natha Diara (UN-SCPC), Rose Somda (UNPCB)
Visite à l'Union Provinciale de Producteurs de Coton de Houet
Avec : Oumarou Savadogo, coordonnateur de l'Union Provinciale des Producteurs de Coton de Houet (UPPC de Houet); Karim Ouattara, secrétaire général de l'UPPC de Houet; Teremagan Traoré, trésorier général de l'UPPC de Houet et président de l'union départementale de Fo; et Emmanuel BoroKié Sanou, vice-président de l'UPPC de Houet et président de l'union départementale de Bobo-Dioulasso.
Quand : le 27 juin 2008
Où : au siège de l'UPPC de Houet
Objet : circulation d'informations entre les différents niveaux institutionnels de la filière cotonnière au Burkina
L'objectif de cette visite était d'avoir un deuxième point de vue (de cette fois au niveau provincial) sur le système d'informations des producteurs de coton burkinabais. Nous avons discuté principalement sur la dynamique d'échange d'informations entre les divers niveaux institutionnels et sur les moyens de communication utilisés (la flotte, la radio, des affiches, l'email, le bouche-à-oreille).
Les producteurs se réunissent périodiquement au sein du GPC (groupement de producteurs de coton) pour discuter à propos des exploitations. Quand ils sentent avoir besoin d'une aide particulière pour traiter un sujet spécifique où quand ils veulent faire passer un message, ils demandent la présence d'un élu de l'union départementale. Cet élu profite souvent de l'opportunité pour faire passer d'autres informations qu'il a pu avoir par ailleurs. De retour à sont poste, l'élu de l'union départementale entre en contact (par téléphone, ou en se déplaçant) avec des élus de l'union provinciale ou nationale pour les informer des demandes venant du terrain. En plus des cas où la présence de l'élu d'un niveau supérieur est demandée pour une réunion spécifique, des réunions extraordinaires d'information et des missions de sensibilisation sont aussi organisées sporadiquement (par exemple, 3 à 4 équipes d'une union départemental parcourent les villages pour diffuser des informations sur une nouvelle technique agricole). Les conseilleurs techniques ont aussi un rôle important dans la circulation de l'information. Ils profitent de leur mobilité entre le terrain et les centres institutionnels (de l'union de producteurs ou des compagnies cotonnières) pour faire passer des messages dans les deux sens. Le bouche-à-oreille reste un moyen privilégié de communication.
Avant l'existence de la flotte (*1), aussi bien des élus que des technicien avaient souvent besoin de se déplacer pour transmettre une information, surtout quand il s'agissait d'une urgence. L'utilisation des téléphones portables a permis une réduction brusque des déplacements – au moins pour ceux qui y ont accès (pour l'instant seulement les niveaux national et provincial). Cohérente avec la culture locale d'oralité et le fort taux d'analphabétisme, l'utilisation des téléphones portables se résument, dans la grande majorité des cas, à des échanges oraux (des messages écrits ne sont que rarement utilisés).
Les informations circulent donc entre les élus, les techniciens et font leur chemin jusqu'aux GPC. Si néanmoins une information doit être diffusée à un très grand nombre de GPC et avec une certaine urgence, la radio (*2) est utilisée.
L'utilisation de l'ordinateur et conséquemment de l'email est très réduite, se résumant à quelques messages échangés entre les niveaux national et provincial – la grande majorité des villages ruraux n'ont même pas d'électricité, et là ou cela n'est pas le cas, l'accès à une connexion internet reste très couteux. Dans le bureau de l'union provinciale de Houet il y a une connexion internet, mais elle est lente et n'est pas fiable. Le coordonateur de cette union, Monsieur Savadogo, reçoit par email des documents de la part de Madame Somda (responsable de communication de l'UNPCB), comme la news letter de l'AProCA, et d'autres lettres d'information (de l'AFD, Grain de Sel, entre autres). Il imprime ces que lui semble plus intéressant et les affiche dans un panneau d'affichage au siège de l'union provinciale. Les élus et techniciens qui passent par là peuvent lire les informations sur le panneau et les transmettre au niveau des départements. Parfois des documents sont envoyés par la poste, mais ce service n'est pas non plus très fiable.
Emmanuel BoroKié Sanou m'a parlé, à la fin de l'entretien, de l'intérêt qu'il pourrait avoir dans la transmission de connaissances entre les agriculteurs – surtout pour que les plus âgés comme lui puissent donner des conseils aux plus jeunes. Cela montre bien que la volonté d'échanger des connaissances et de savoirs-faires existe. Si la flotte a permis une meilleure circulation des informations au sein de la filière cotonnière au Burkina, il me semble qu'elle reste encore très limitée – aussi bien en termes de nombre de bénéficiaires (l'UNPCB n'a pas les moyens d'éteindre l'accès à la flotte à tous ces membres) que d'applications offertes (pour l'instant limité à des échanges oraux conventionnels) – pour permettre le développement des systèmes d'échange de connaissances. En plus, il faut penser à concevoir des systèmes qui soient facilement appropriables par des personnes ayant eu peu ou aucune formation, si possible explorant l'oralité qui est si chère aux Burkinabais. Monsieur Sanagoroké est semi-analphabète et l'ordinateur semble encore lui faire peur. Mais il se débrouille bien avec son portable. Allier la flotte à des émissions interactives à la radio peut s'avérer une piste à explorer!
(*1) Il s'agit d'un contrat préférentiel signé entre l'opérateur de téléphonie mobile Celtel et l'UNPCB, permettant la communication illimitée entre un nombre donné d'appareils téléphoniques portables, contre le payement d'un abonnement fixe par mois (voir détail dans l'article Visite à Celtel).
(*2) pour quelques détails sur l'utilisation de radios dans la diffusion de messages par l'UNPCB, voir l'article Visite à l'UNPCB.
Quand : le 27 juin 2008
Où : au siège de l'UPPC de Houet
Objet : circulation d'informations entre les différents niveaux institutionnels de la filière cotonnière au Burkina
L'objectif de cette visite était d'avoir un deuxième point de vue (de cette fois au niveau provincial) sur le système d'informations des producteurs de coton burkinabais. Nous avons discuté principalement sur la dynamique d'échange d'informations entre les divers niveaux institutionnels et sur les moyens de communication utilisés (la flotte, la radio, des affiches, l'email, le bouche-à-oreille).
Les producteurs se réunissent périodiquement au sein du GPC (groupement de producteurs de coton) pour discuter à propos des exploitations. Quand ils sentent avoir besoin d'une aide particulière pour traiter un sujet spécifique où quand ils veulent faire passer un message, ils demandent la présence d'un élu de l'union départementale. Cet élu profite souvent de l'opportunité pour faire passer d'autres informations qu'il a pu avoir par ailleurs. De retour à sont poste, l'élu de l'union départementale entre en contact (par téléphone, ou en se déplaçant) avec des élus de l'union provinciale ou nationale pour les informer des demandes venant du terrain. En plus des cas où la présence de l'élu d'un niveau supérieur est demandée pour une réunion spécifique, des réunions extraordinaires d'information et des missions de sensibilisation sont aussi organisées sporadiquement (par exemple, 3 à 4 équipes d'une union départemental parcourent les villages pour diffuser des informations sur une nouvelle technique agricole). Les conseilleurs techniques ont aussi un rôle important dans la circulation de l'information. Ils profitent de leur mobilité entre le terrain et les centres institutionnels (de l'union de producteurs ou des compagnies cotonnières) pour faire passer des messages dans les deux sens. Le bouche-à-oreille reste un moyen privilégié de communication.
Avant l'existence de la flotte (*1), aussi bien des élus que des technicien avaient souvent besoin de se déplacer pour transmettre une information, surtout quand il s'agissait d'une urgence. L'utilisation des téléphones portables a permis une réduction brusque des déplacements – au moins pour ceux qui y ont accès (pour l'instant seulement les niveaux national et provincial). Cohérente avec la culture locale d'oralité et le fort taux d'analphabétisme, l'utilisation des téléphones portables se résument, dans la grande majorité des cas, à des échanges oraux (des messages écrits ne sont que rarement utilisés).
Les informations circulent donc entre les élus, les techniciens et font leur chemin jusqu'aux GPC. Si néanmoins une information doit être diffusée à un très grand nombre de GPC et avec une certaine urgence, la radio (*2) est utilisée.
L'utilisation de l'ordinateur et conséquemment de l'email est très réduite, se résumant à quelques messages échangés entre les niveaux national et provincial – la grande majorité des villages ruraux n'ont même pas d'électricité, et là ou cela n'est pas le cas, l'accès à une connexion internet reste très couteux. Dans le bureau de l'union provinciale de Houet il y a une connexion internet, mais elle est lente et n'est pas fiable. Le coordonateur de cette union, Monsieur Savadogo, reçoit par email des documents de la part de Madame Somda (responsable de communication de l'UNPCB), comme la news letter de l'AProCA, et d'autres lettres d'information (de l'AFD, Grain de Sel, entre autres). Il imprime ces que lui semble plus intéressant et les affiche dans un panneau d'affichage au siège de l'union provinciale. Les élus et techniciens qui passent par là peuvent lire les informations sur le panneau et les transmettre au niveau des départements. Parfois des documents sont envoyés par la poste, mais ce service n'est pas non plus très fiable.
Emmanuel BoroKié Sanou m'a parlé, à la fin de l'entretien, de l'intérêt qu'il pourrait avoir dans la transmission de connaissances entre les agriculteurs – surtout pour que les plus âgés comme lui puissent donner des conseils aux plus jeunes. Cela montre bien que la volonté d'échanger des connaissances et de savoirs-faires existe. Si la flotte a permis une meilleure circulation des informations au sein de la filière cotonnière au Burkina, il me semble qu'elle reste encore très limitée – aussi bien en termes de nombre de bénéficiaires (l'UNPCB n'a pas les moyens d'éteindre l'accès à la flotte à tous ces membres) que d'applications offertes (pour l'instant limité à des échanges oraux conventionnels) – pour permettre le développement des systèmes d'échange de connaissances. En plus, il faut penser à concevoir des systèmes qui soient facilement appropriables par des personnes ayant eu peu ou aucune formation, si possible explorant l'oralité qui est si chère aux Burkinabais. Monsieur Sanagoroké est semi-analphabète et l'ordinateur semble encore lui faire peur. Mais il se débrouille bien avec son portable. Allier la flotte à des émissions interactives à la radio peut s'avérer une piste à explorer!
(*1) Il s'agit d'un contrat préférentiel signé entre l'opérateur de téléphonie mobile Celtel et l'UNPCB, permettant la communication illimitée entre un nombre donné d'appareils téléphoniques portables, contre le payement d'un abonnement fixe par mois (voir détail dans l'article Visite à Celtel).
(*2) pour quelques détails sur l'utilisation de radios dans la diffusion de messages par l'UNPCB, voir l'article Visite à l'UNPCB.
Visite à Celtel
Avec : Paul Gouba, chef d'agence à Bobo-Dioulasso; Joseph Somé, responsable commercial; et Rose Somda, responsable communication à l'UNPCB
Quand : le 26 juin 2008
Où : à l'agence Celtel de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
Objet : la flotte
L'objectif de cette visite était de mieux comprendre l'historique et le fonctionnement de "la flotte". Il s'agit d'un contrat préférentiel signé entre l'opérateur de téléphonie mobile Celtel et l'UNPCB, permettant la communication illimitée entre un nombre donné d'appareils téléphoniques portables, contre le payement d'un abonnement fixe par mois.
Le projet est né de la volonté du président de l'UNPCB, François Traoré, de donner à son institution un nouveau moyen de communication, mobile et à un prix accessible. Monsieur Traoré est allé rencontrer des opérateurs de téléphonie mobile pour proposer l'exploration d'une nouvelle niche de marché: le téléphone portable comme outil de travail pour des agriculteurs. La plus grande réceptivité a été celle de la compagnie Celtel, qui, même réticente au début, a accepté de monter un projet pilote d'un "ensemble communautaire téléphonique", la "flotte" comme ils ont convenu de l'appeler. Celtel s'engageait à installer davantage de tours de retransmission dans les zones rurales et profitait de l'organisation des producteurs de coton pour assurer un nombre minimum d'utilisateurs dès le début de l'opération.
Une étude a été faite avec l'UNPCB pour déterminer le positionnement stratégique de nouvelles antennes, et un projet pilote d'une année a été lancé en 2005. Les règles de base étaient: l'UNPCB paye des abonnements fixes par mois pour un nombre donné de lignes et les utilisateurs ont droit à la communication illimitée entre les lignes de l'ensemble communautaire. Initialement le coût de l'abonnement montait à 7500 FCFA (équivalant à 11,45 €) par mois par ligne. Avec le succès du projet et l'augmentation du nombre de lignes dans la flotte le coût de l'abonnement a baissé: depuis le début 2008 l'UNPCB paye 5000 FCFA (7,63 €) par mois par ligne. Actuellement la flotte compte un peu plus de 230 lignes.
Le succès du projet pilote a minimisé les préoccupations de l'opérateur Celtel, qui progressivement passait à voir la flotte moins comme un risque et plus comme une opportunité d'accélérer la poursuite de l'objectif institutionnel d'une couverture maximale du territoire du Burkina. Une situation gagnant-gagnant s'est donc établie: l'UNPCB profite d'un nouveau moyen de communication efficace et à un coût abordable pour fortifier son système de communication interne, et Celtel explore une nouvelle niche de marché avec de conséquences non négligeables en termes de marketing. L'initiative a même répercutée à l'international. Des systèmes semblables à la flotte commencent à être mis en place dans d'autres pays où Celtel est implanté: Nigeria, Mali, Gabon, Tchad, entre autres.
François Traoré dit que grâce à la flotte et à la conséquente augmentation de la fluidité de la circulation d'informations au sein de l'UNPCB, la structure de l'institution a été beaucoup fortifiée. De plus en plus de membres de l'UNPCB demandent leur intégration "dans" la flotte. Pour l'instant seulement les leaders aux niveaux national et provincial y ont accès. Le facteur limitant ici reste d'ordre financière – l'UNPCB n'a pas encore trouvé des moyens pour offrir le service à un plus grand nombre de membres.
Si la flotte a pu être un succès pareil au sein de l'UNPCB, c'est à la fois parce qu'elle répond à un besoin exprimé par les agriculteurs, et parce qu'elle est bien adaptée au contexte du monde rural burkinabais, où le taux d'analphabétisme est fort et la culture basée sur l'oralité.
Quand : le 26 juin 2008
Où : à l'agence Celtel de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
Objet : la flotte
L'objectif de cette visite était de mieux comprendre l'historique et le fonctionnement de "la flotte". Il s'agit d'un contrat préférentiel signé entre l'opérateur de téléphonie mobile Celtel et l'UNPCB, permettant la communication illimitée entre un nombre donné d'appareils téléphoniques portables, contre le payement d'un abonnement fixe par mois.
Le projet est né de la volonté du président de l'UNPCB, François Traoré, de donner à son institution un nouveau moyen de communication, mobile et à un prix accessible. Monsieur Traoré est allé rencontrer des opérateurs de téléphonie mobile pour proposer l'exploration d'une nouvelle niche de marché: le téléphone portable comme outil de travail pour des agriculteurs. La plus grande réceptivité a été celle de la compagnie Celtel, qui, même réticente au début, a accepté de monter un projet pilote d'un "ensemble communautaire téléphonique", la "flotte" comme ils ont convenu de l'appeler. Celtel s'engageait à installer davantage de tours de retransmission dans les zones rurales et profitait de l'organisation des producteurs de coton pour assurer un nombre minimum d'utilisateurs dès le début de l'opération.
Une étude a été faite avec l'UNPCB pour déterminer le positionnement stratégique de nouvelles antennes, et un projet pilote d'une année a été lancé en 2005. Les règles de base étaient: l'UNPCB paye des abonnements fixes par mois pour un nombre donné de lignes et les utilisateurs ont droit à la communication illimitée entre les lignes de l'ensemble communautaire. Initialement le coût de l'abonnement montait à 7500 FCFA (équivalant à 11,45 €) par mois par ligne. Avec le succès du projet et l'augmentation du nombre de lignes dans la flotte le coût de l'abonnement a baissé: depuis le début 2008 l'UNPCB paye 5000 FCFA (7,63 €) par mois par ligne. Actuellement la flotte compte un peu plus de 230 lignes.
Le succès du projet pilote a minimisé les préoccupations de l'opérateur Celtel, qui progressivement passait à voir la flotte moins comme un risque et plus comme une opportunité d'accélérer la poursuite de l'objectif institutionnel d'une couverture maximale du territoire du Burkina. Une situation gagnant-gagnant s'est donc établie: l'UNPCB profite d'un nouveau moyen de communication efficace et à un coût abordable pour fortifier son système de communication interne, et Celtel explore une nouvelle niche de marché avec de conséquences non négligeables en termes de marketing. L'initiative a même répercutée à l'international. Des systèmes semblables à la flotte commencent à être mis en place dans d'autres pays où Celtel est implanté: Nigeria, Mali, Gabon, Tchad, entre autres.
François Traoré dit que grâce à la flotte et à la conséquente augmentation de la fluidité de la circulation d'informations au sein de l'UNPCB, la structure de l'institution a été beaucoup fortifiée. De plus en plus de membres de l'UNPCB demandent leur intégration "dans" la flotte. Pour l'instant seulement les leaders aux niveaux national et provincial y ont accès. Le facteur limitant ici reste d'ordre financière – l'UNPCB n'a pas encore trouvé des moyens pour offrir le service à un plus grand nombre de membres.
Si la flotte a pu être un succès pareil au sein de l'UNPCB, c'est à la fois parce qu'elle répond à un besoin exprimé par les agriculteurs, et parce qu'elle est bien adaptée au contexte du monde rural burkinabais, où le taux d'analphabétisme est fort et la culture basée sur l'oralité.
5 août 2008
Visite à l’UNPCB
Avec : Lamy Ouattara, secrétaire général de l'UNPCB; Monsieur Sessouma, responsable adjoint à l'information; et Rose Somda, responsable communication à l'UNPCB
Quand : le 26 juin 2008
Où : au siège de l'UNPCB (Union Nationale de Producteurs de Coton du Burkina), Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
Objet : le système d'information de l'UNPCB
Tout d'abord Lamy Ouattara, secrétaire général de l'UNPCB, m'a présenté brièvement l'organisation de la filière cotonnière au Burkina Faso. Ensuite, Rose Somda, responsable par la communication à l'UNPCB, a complété l'exposition avec des détails sur les efforts de consolidation de la communication interne à l'UNPCB.
Depuis 1996 les agriculteurs burkinabais sont organisés dans des groupements, dans le cas du coton, des groupements de producteurs de coton (GPC). Les échelons supérieurs de l'organisation professionnelle de la filière sont: les unions départementales, les unions provinciales, et l'union nationale (UNPCB). A chaque campagne, la répartition des taches dans la chaine institutionnelle se fait de la façon suivante. Les GPC sont responsables par l'activité productive en soi (labour des champs et collecte du coton), ainsi que par l'expression de besoins en intrants. Chaque GPC établi également une caution solidaire pour pouvoir bénéficier du prêt de campagne qui permettra l'achat des intrants. L'union départementale assure la liaison entre les GPC et union provinciale correspondante. C'est au niveau de l'union départementale que sont faites les analyses sur la capacité d'endettement des groupements, et le filtrage de leurs demandes. Les besoins en intrants ainsi exprimés et validés sont transmis par l'union nationale aux sociétés cotonnières, qui font la commande des intrants. Qui paye la facture est l'institution financière où les groupements ont des comptes. L'union nationale assure la coordination du mécanisme.
Les activités de communication interne dans l'UNPCB sont le résultat des efforts de salariés – comme la responsable en communication (Rose Somda), l'équipe technique et des techniciens agronomes – et des élus – surtout du bureau exécutif, du conseil d'administration et de l'assemblée générale. Deux chaînes principales semblent s'établir dans la communication ascendante et descendante dans la profession cotonnière burkinabais: une entre la responsable à la communication (Rose), les techniciens et les producteurs, et l'autre entre la responsable de communication, les élus des différents niveaux institutionnels et les producteurs.
Les principales sources des informations circulant dans le système de communication interne sont: les GPC (expression de besoins), le bureau exécutif de l'UNPCB (des décisions à diffuser), les sociétés cotonnières et ses agents techniques (des informations agronomiques), l'Etat par le Ministère de l'Agriculture (les tendances météorologiques de la saison, diffusées une fois par mois), et le résultat de la veille faite par Rose sur internet (utilisant même Google Alert) et des lettres d'information. Les documents envoyés par l'AProCA, comme la news letter et les rapport de voyage du président Traoré, par exemple, sont transférés par email aux techniciens et aux autres membres qui disposent d'un compte email. Un résumé du document est envoyé dans le corps du message.
En termes de traitement des messages, les informations d'actualité (sur les négociations agricoles internationales, par exemple) sont résumées et expliqué dans des termes simples. Parfois la traduction en langue locale est aussi assurée.
Plusieurs canaux de diffusion sont employés, avec des niveaux d'efficacité très différents: le courrier (des lettres), le téléphone portable (la flotte: contrat avec opérateur mobile permettant la communication illimité, disponible pour les responsables des unions provinciales et de l'union nationale), le fax (parfois), l'email (entre les techniciens), un journal papier (destiné aux producteurs, mais sans grande acceptation), la radio, des réunions de concertation, le relais assuré par des techniciens en contact fréquent avec le terrain, et le bouche à l'oreille – qui reste quand même un canal privilégié.
L'utilisation de l'internet est, en général, restreinte aux techniciens et les problèmes d'infrastructure et de coût d'utilisation sont encore importants (voir article de la visite à l'union provinciale de Bobo-Dioulasso). Seulement 3 des 6 zones cotonnières ont accès facile à internet, soit par l'existence de cybercafés soit, plus rarement, par l'accès à internet dans le bureau.
Le projet de communication de l'UNPCB incluait la mise en œuvre de 5 radios rurales. Par manque de financement seulement une (la radio l'écho des cotonniers) a pu être créée. L'UNPCB vient d'avoir un financement d'Oxfam pour améliorer les installations de sa radio propre, l'écho des cotonniers. Des nouveaux dipôles seront installés et l'émetteur sera changé pour que la zone de couverture de la radio soit davantage étendue. En attendant des financements complémentaires, des contrats sont établis avec d'autres radios pour la production d'émissions et leur diffusion. Des cassettes sont enregistrées dans une radio à Bobo-Dioulasso et envoyés dans les différentes régions pour diffusion dans des radios de proximité. Les émissions sont animées par des acteurs de terrain, des techniciens et de producteurs. Les informations diffusées concernent surtout l'étape courante de la campagne (conseils sur préparation de sols, l'utilisation des herbicides, le moment propice de semer; après sur l'utilisation d'insecticides pour la protection du cotonnier, et ainsi de suite). En plus, ces émissions sont diffusées en langue locale: lors de l'enregistrement des cassettes dans le studio de la radio à Bobo-Dioulasso, des personnes font la traduction simultanée dans la langue plus parlé dans la région à laquelle la cassette en question sera envoyée. Selon Monsieur Ouattara, "la radio est un moyen incontournable". L'équipe de communication de l'UNPCB rêve avec la possibilité de mettre en place les autres quatre radios, dans des endroits stratégiques pour pouvoir atteindre le plus grand nombre des producteurs de coton.
En plus de structurer progressivement le système d'information de l'union, l'UNPCB s'investit également dans des programmes de formation. Deux volets principaux sont concernés: l'alphabétisation dans les langues locales, et des missions d'échanges d'expériences des élus avec des producteurs de coton d'autres pays. Pour ce dernier, des voyages ont déjà été organisés au Cameroun, au Benin, au Ghana, au Mali, entre autres. Les conclusions de tels missions sont ensuite diffusées par le journal.
Quand : le 26 juin 2008
Où : au siège de l'UNPCB (Union Nationale de Producteurs de Coton du Burkina), Bobo-Dioulasso, Burkina Faso
Objet : le système d'information de l'UNPCB
Tout d'abord Lamy Ouattara, secrétaire général de l'UNPCB, m'a présenté brièvement l'organisation de la filière cotonnière au Burkina Faso. Ensuite, Rose Somda, responsable par la communication à l'UNPCB, a complété l'exposition avec des détails sur les efforts de consolidation de la communication interne à l'UNPCB.
Depuis 1996 les agriculteurs burkinabais sont organisés dans des groupements, dans le cas du coton, des groupements de producteurs de coton (GPC). Les échelons supérieurs de l'organisation professionnelle de la filière sont: les unions départementales, les unions provinciales, et l'union nationale (UNPCB). A chaque campagne, la répartition des taches dans la chaine institutionnelle se fait de la façon suivante. Les GPC sont responsables par l'activité productive en soi (labour des champs et collecte du coton), ainsi que par l'expression de besoins en intrants. Chaque GPC établi également une caution solidaire pour pouvoir bénéficier du prêt de campagne qui permettra l'achat des intrants. L'union départementale assure la liaison entre les GPC et union provinciale correspondante. C'est au niveau de l'union départementale que sont faites les analyses sur la capacité d'endettement des groupements, et le filtrage de leurs demandes. Les besoins en intrants ainsi exprimés et validés sont transmis par l'union nationale aux sociétés cotonnières, qui font la commande des intrants. Qui paye la facture est l'institution financière où les groupements ont des comptes. L'union nationale assure la coordination du mécanisme.
Les activités de communication interne dans l'UNPCB sont le résultat des efforts de salariés – comme la responsable en communication (Rose Somda), l'équipe technique et des techniciens agronomes – et des élus – surtout du bureau exécutif, du conseil d'administration et de l'assemblée générale. Deux chaînes principales semblent s'établir dans la communication ascendante et descendante dans la profession cotonnière burkinabais: une entre la responsable à la communication (Rose), les techniciens et les producteurs, et l'autre entre la responsable de communication, les élus des différents niveaux institutionnels et les producteurs.
Les principales sources des informations circulant dans le système de communication interne sont: les GPC (expression de besoins), le bureau exécutif de l'UNPCB (des décisions à diffuser), les sociétés cotonnières et ses agents techniques (des informations agronomiques), l'Etat par le Ministère de l'Agriculture (les tendances météorologiques de la saison, diffusées une fois par mois), et le résultat de la veille faite par Rose sur internet (utilisant même Google Alert) et des lettres d'information. Les documents envoyés par l'AProCA, comme la news letter et les rapport de voyage du président Traoré, par exemple, sont transférés par email aux techniciens et aux autres membres qui disposent d'un compte email. Un résumé du document est envoyé dans le corps du message.
En termes de traitement des messages, les informations d'actualité (sur les négociations agricoles internationales, par exemple) sont résumées et expliqué dans des termes simples. Parfois la traduction en langue locale est aussi assurée.
Plusieurs canaux de diffusion sont employés, avec des niveaux d'efficacité très différents: le courrier (des lettres), le téléphone portable (la flotte: contrat avec opérateur mobile permettant la communication illimité, disponible pour les responsables des unions provinciales et de l'union nationale), le fax (parfois), l'email (entre les techniciens), un journal papier (destiné aux producteurs, mais sans grande acceptation), la radio, des réunions de concertation, le relais assuré par des techniciens en contact fréquent avec le terrain, et le bouche à l'oreille – qui reste quand même un canal privilégié.
L'utilisation de l'internet est, en général, restreinte aux techniciens et les problèmes d'infrastructure et de coût d'utilisation sont encore importants (voir article de la visite à l'union provinciale de Bobo-Dioulasso). Seulement 3 des 6 zones cotonnières ont accès facile à internet, soit par l'existence de cybercafés soit, plus rarement, par l'accès à internet dans le bureau.
Le projet de communication de l'UNPCB incluait la mise en œuvre de 5 radios rurales. Par manque de financement seulement une (la radio l'écho des cotonniers) a pu être créée. L'UNPCB vient d'avoir un financement d'Oxfam pour améliorer les installations de sa radio propre, l'écho des cotonniers. Des nouveaux dipôles seront installés et l'émetteur sera changé pour que la zone de couverture de la radio soit davantage étendue. En attendant des financements complémentaires, des contrats sont établis avec d'autres radios pour la production d'émissions et leur diffusion. Des cassettes sont enregistrées dans une radio à Bobo-Dioulasso et envoyés dans les différentes régions pour diffusion dans des radios de proximité. Les émissions sont animées par des acteurs de terrain, des techniciens et de producteurs. Les informations diffusées concernent surtout l'étape courante de la campagne (conseils sur préparation de sols, l'utilisation des herbicides, le moment propice de semer; après sur l'utilisation d'insecticides pour la protection du cotonnier, et ainsi de suite). En plus, ces émissions sont diffusées en langue locale: lors de l'enregistrement des cassettes dans le studio de la radio à Bobo-Dioulasso, des personnes font la traduction simultanée dans la langue plus parlé dans la région à laquelle la cassette en question sera envoyée. Selon Monsieur Ouattara, "la radio est un moyen incontournable". L'équipe de communication de l'UNPCB rêve avec la possibilité de mettre en place les autres quatre radios, dans des endroits stratégiques pour pouvoir atteindre le plus grand nombre des producteurs de coton.
En plus de structurer progressivement le système d'information de l'union, l'UNPCB s'investit également dans des programmes de formation. Deux volets principaux sont concernés: l'alphabétisation dans les langues locales, et des missions d'échanges d'expériences des élus avec des producteurs de coton d'autres pays. Pour ce dernier, des voyages ont déjà été organisés au Cameroun, au Benin, au Ghana, au Mali, entre autres. Les conclusions de tels missions sont ensuite diffusées par le journal.
Visite à l’UN-SCPC et à un village proche à Ouelessebougou
Avec : Natha Diara, secrétaire général de l'UN-SCPC; Mamadou Kante, conseilleur technique; Tiassé Coulibaly, délégué à l'information et à la communication au conseil d'administration de l'UN-SCPC; et les Messieurs Camara et Konaré, conseilleurs ruraux du village de Ouelessebougou
Quand : les 23 et 24 juin 2008
Où : au siège de l'UN-SCPC (Union Nationale des Sociétés Cotonnières et des Producteurs de Coton), Bamako; et dans un village proche à Ouelessebougou, Mali
Objet : le système d'information de l'UN-SCPC, communication jusqu'à la base
Après avoir eu un panorama du système d'information de l'AProCA avec Komonsira Dioma, il nous fallait rencontrer des plateformes nationales pour vérifier comment la communication institutionnelle se fait aux niveaux national et local dans la filière cotonnière de l'Afrique de l'Ouest. Pour commencer, j'ai fait une visite au siège de l'union nationale malienne, l'UN-SCPC, et ensuite une visite de terrain, dans un village proche à Ouelessebougou.
Mon principal interlocuteur au siège a été le secrétaire général, Natha Diara. Il m'a dit que la communication était une des activités phares du plan stratégique quinquennal de l'union, avec des projets d'implantation de revues d'information, de contrats avec des radios rurales pour la diffusion, de sessions de formation agricole (gestion d'intrants) et de développement du réseau de relais en communication.
Ce discours semble intéressant, mais malheureusement il est encore très loin de ce qui j'ai pu constater sur le terrain le lendemain. Accompagné du délégué à l'information et à la communication auprès du conseil d'administration de l'union, Tiassé Coulibaly, et de deux conseilleurs ruraux, Messieurs Camara et Konaré, je suis allé visiter un petit village de producteurs de coton à une quinzaine de kilomètres d'Ouelessebougou (à 60 km au Sud de Bamako). Reflétant la précarité de l'infrastructure générale du village (maisons rustiques, absence de réseau d'eau et d'assainissement, absence de réseau électrique), les possibilités de communication avec l'extérieur sont très réduites.
Il y a une cabine téléphonique, mais on paye même pour recevoir des appels. Dans le contexte professionnel, elle est utilisée pour faire remonter des informations pluviométriques à l'institut météorologique de Bamako, et très rarement pour des communications entre les conseilleurs ruraux et les producteurs. Un des producteurs du village a un téléphone portable personnel qu'il utilise également pour se communiquer avec les conseilleurs, ce que lui permet d'informer dans la suite ses collègues du village, mais cela seulement quand il est en déplacement, car il n'y a pas de signal de téléphonie mobile dans le village. Paradoxalement, le principal outil de communication dans la région est une moto, qui les conseilleurs utilisent pour faire le tour des villages de la région de temps en temps pour diffuser des informations et s'informer sur les problèmes rencontrés par les producteurs. En général la communication dépend du déplacement: les producteurs vont s'informer dans les marchés et dans les lieux de passage de la région.
En parlant avec les producteurs j'ai pu constater, entre autres, qu'aucun des producteurs présents dans le rendez-vous (et ils étaient presque tous là) ne connaissait l'initiative d'Université du Coton initiée par l'AProCA et mise en œuvre en partenariat avec la Fondation FARM. D'ailleurs, la grande majorité (tous sauf un) ignorait l'existence même de l'AProCA – inutile donc de se demander si les news letter préparées par le responsable de communication de l'AProCA arrivent aux producteurs de coton maliens. On voit donc que le problème de diffusion d'informations au-delà du niveau des plateformes nationales reste entier, au moins dans le cas du Mali. La communication interne à l'union UN-SCPC ne semble pas non plus bien fonctionner, voici un exemple flagrant: les conseilleurs ruraux de la région d'Ouelessebougou, et bien entendu aussi tous les producteurs réunis pour me recevoir dans le village, pensait que je venais de la Banque Mondiale. J'espère ne pas les avoir déçus en expliquant le malentendu.
Quand : les 23 et 24 juin 2008
Où : au siège de l'UN-SCPC (Union Nationale des Sociétés Cotonnières et des Producteurs de Coton), Bamako; et dans un village proche à Ouelessebougou, Mali
Objet : le système d'information de l'UN-SCPC, communication jusqu'à la base
Après avoir eu un panorama du système d'information de l'AProCA avec Komonsira Dioma, il nous fallait rencontrer des plateformes nationales pour vérifier comment la communication institutionnelle se fait aux niveaux national et local dans la filière cotonnière de l'Afrique de l'Ouest. Pour commencer, j'ai fait une visite au siège de l'union nationale malienne, l'UN-SCPC, et ensuite une visite de terrain, dans un village proche à Ouelessebougou.
Mon principal interlocuteur au siège a été le secrétaire général, Natha Diara. Il m'a dit que la communication était une des activités phares du plan stratégique quinquennal de l'union, avec des projets d'implantation de revues d'information, de contrats avec des radios rurales pour la diffusion, de sessions de formation agricole (gestion d'intrants) et de développement du réseau de relais en communication.
Ce discours semble intéressant, mais malheureusement il est encore très loin de ce qui j'ai pu constater sur le terrain le lendemain. Accompagné du délégué à l'information et à la communication auprès du conseil d'administration de l'union, Tiassé Coulibaly, et de deux conseilleurs ruraux, Messieurs Camara et Konaré, je suis allé visiter un petit village de producteurs de coton à une quinzaine de kilomètres d'Ouelessebougou (à 60 km au Sud de Bamako). Reflétant la précarité de l'infrastructure générale du village (maisons rustiques, absence de réseau d'eau et d'assainissement, absence de réseau électrique), les possibilités de communication avec l'extérieur sont très réduites.
Il y a une cabine téléphonique, mais on paye même pour recevoir des appels. Dans le contexte professionnel, elle est utilisée pour faire remonter des informations pluviométriques à l'institut météorologique de Bamako, et très rarement pour des communications entre les conseilleurs ruraux et les producteurs. Un des producteurs du village a un téléphone portable personnel qu'il utilise également pour se communiquer avec les conseilleurs, ce que lui permet d'informer dans la suite ses collègues du village, mais cela seulement quand il est en déplacement, car il n'y a pas de signal de téléphonie mobile dans le village. Paradoxalement, le principal outil de communication dans la région est une moto, qui les conseilleurs utilisent pour faire le tour des villages de la région de temps en temps pour diffuser des informations et s'informer sur les problèmes rencontrés par les producteurs. En général la communication dépend du déplacement: les producteurs vont s'informer dans les marchés et dans les lieux de passage de la région.
En parlant avec les producteurs j'ai pu constater, entre autres, qu'aucun des producteurs présents dans le rendez-vous (et ils étaient presque tous là) ne connaissait l'initiative d'Université du Coton initiée par l'AProCA et mise en œuvre en partenariat avec la Fondation FARM. D'ailleurs, la grande majorité (tous sauf un) ignorait l'existence même de l'AProCA – inutile donc de se demander si les news letter préparées par le responsable de communication de l'AProCA arrivent aux producteurs de coton maliens. On voit donc que le problème de diffusion d'informations au-delà du niveau des plateformes nationales reste entier, au moins dans le cas du Mali. La communication interne à l'union UN-SCPC ne semble pas non plus bien fonctionner, voici un exemple flagrant: les conseilleurs ruraux de la région d'Ouelessebougou, et bien entendu aussi tous les producteurs réunis pour me recevoir dans le village, pensait que je venais de la Banque Mondiale. J'espère ne pas les avoir déçus en expliquant le malentendu.
1 août 2008
Visite à l’AProCA, entretien avec Komonsira Dioma
Avec : Komonsira Dioma, responsable communication à l'AProCA
Quand : le 23 juin 2008
Où : au siège de l'AProCA (Association des Producteurs de Coton Africains), Bamako, Mali
Objet : le système d'information de l'AProCA
Dans cet agréable entretien, notre ami Dioma nous a parlé du système d'information de l'AProCA et des principaux enjeux pour le développement d'une plus grande intégration entre les différents niveaux institutionnels des organisations professionnels de producteurs de coton. Il a tout d'abord parlé du circuit de l'information (collecte, traitement, diffusion, retro-alimentation) entre l'AProCA et les plateformes nationales de producteurs de coton. Ensuite il a exposé l'effort de l'AProCA pour le renforcement des systèmes nationaux d'information et il a parlé du rôle fondamental du téléphone dans les communications internes. Pour finir il a fait une réflexion sur l'importance et les conditions préalables d'une bonne communication au sein de la profession agricole.
Commençant donc par le circuit de l'information chez AproCA, Dioma m'a dit que, en termes de collecte d'informations, il conduit des veilles biotechnologique, politique et commerciale essentiellement par internet. Ces veilles se basent sur des expressions de recherche systématiques (comme "coton", "politique agricole", "subvention agricole", "négociation commerciale OMC", etc.) et des demandes spécifiques venant de la direction des plateformes nationales. Les principales sources d'information sont:
En ce qui concerne le traitement des informations, Dioma m'a dit qu'il fait de retranscriptions des informations qui lui semblent plus importantes en utilisant un langage aussi basic que possible pour faciliter la compréhension par les utilisateurs potentiels. Sa mission dans cet aspect est de résumer et de simplifier les messages. Les informations sont diffusées en Français et en Anglais (pour le Ghana, la Gambie et la Guinée Bissau) au même moment. Il y a également un projet de traduction en langues locales de quelques documents fondamentaux, comme le "Guide de bonnes pratiques face à la libéralisation".
Les principaux canaux de diffusion sont la news letter et le site de l'AProCA, et aussi les emails. Ces derniers sont utilisés pour la communication tout court évidemment, mais aussi pour diffuser des résumés des news letters et les informations administratives. Pour l'instant Dioma n'a pas les moyens de s'assurer que les news letters arrivent aux producteurs. Les interlocuteurs de l'AProCA sont les unions nationales et la diffusion des informations au sein de chaque plateforme dépend essentiellement de leurs dynamismes respectifs. Après 2006, quand une enquête sur les besoins en information des agriculteurs a été réalisée, des cellules d'information ont été établies en annexe à la direction de chaque plateforme nationale: ce sont les "points focaux". Ces points focaux sont constitués d'un technicien et de deux producteurs (élus dans le cadre de l'organisation professionnelle). Les producteurs ont un rôle de validation par rapport aux messages qui circulent dans le système et les besoins des producteurs. Selon Dioma, cette configuration vise à "éviter que cela ne soit une affaire de techniciens".
La remontée d'informations (depuis les plateformes nationales vers l'AProCA) se fait à la demande pour des questions spécifiques ou, même que moins fréquemment, de façon spontanée. Dioma a donc témoigné de la grande hétérogénéité de réactivité des plusieurs points focaux. Selon lui, un des facteurs explicatif est la nature de l'embauche des personnes liées aux points focaux. Ainsi, dans les diverses plateformes, les personnes intégrant les points focaux sont des salariés ou des personnes mises à disposition par d'autres institutions. Selon Dioma, en générale, la motivation et réactivité des salariés sont supérieures à celles des personnes mises à disposition.
Les principales dépenses de l'AProCA en termes de communication sont le téléphone, la connexion internet et l'hébergement du site de l'association*. Le téléphone a un rôle très important dans la communication institutionnelle du réseau AProCA. Il est utilisé, par exemple, pour la confirmation de réception de messages électroniques, mais aussi, et principalement pour la communication avec les élus, qui n'utilisent encore que très peu la messagerie électronique. La communication entre les techniciens s'est fait davantage par email. Dioma a exprimé sa volonté d'explorer des nouveaux moyens de communication, notamment basé sur internet. Ainsi, il compte promouvoir l'utilisation de logiciels de messagerie instantanée et de voix sur IP, comme Skype, par exemple.
Depuis quelques années l'AProCA fait un effort pour renforcer les systèmes nationaux d'information, des diverses plateformes. La mise en place des points focaux, en fin 2006, représente le premier volet de cet effort. Le deuxième volet est celui de la formation: des sessions de formation pour toutes les personnes travaillant dans les points focaux ont été organisées entre septembre et octobre 2007; ces formations concernaient des techniques d'information et de communication, et également de maîtrise du cycle de l'information, à savoir l'enchaînement évolutif des activités d'identification de besoins, de collecte, de traitement, et de diffusion d'informations. Un troisième volet correspond au renforcement en termes d'équipements: en mai 2008 trois plateformes nationales (Sénégal, Benin et Cameroun) ont été équipés avec des ordinateurs complets fournis par l'AProCA.
Enfin, Dioma m'a parlé de l'importance de la communication au sein des institutions professionnelles agricoles de la filière cotonnière africaine, et les conditions préalables à son développement. Selon lui, l'accès à l'information est important non seulement pour appuyer la prise de décision par les agriculteurs (aspect économique) mais aussi pour engendrer une plus grande participation des producteurs aux activités de l'organisation professionnelle (aspect institutionnel). Ainsi, l'échange d'informations tend à renforcer les liens entre les membres de l'OP, ce qui facilite l'évolution de la gouvernance au sein de l'institution. Dioma nous rappelle que, participant aux échanges d'informations, "le producteur se sent impliqué", ce qui développe le sentiment d'appartenance à l'organisation. Et on sait combien ce dernier est fondamental pour le succès et la durabilité d'une institution.
En ce qui concerne les conditions préalables au développement d'un système de communication efficace, Dioma a été un de plus à réaffirmer la priorité de la structuration des organisations professionnelles agricoles. Selon lui, indépendamment des outils technologiques utilisés, la communication est une caractéristique résultante de la bonne structuration d'une organisation professionnelle. La technologie est là, selon lui, seulement pour rendre la communication plus rapide et fréquente.
* Il y a encore de dépenses sporadiques pour la production de contenu, surtout par des contrats avec des journalistes, pour la couverture d'évènements spécifiques.
Quand : le 23 juin 2008
Où : au siège de l'AProCA (Association des Producteurs de Coton Africains), Bamako, Mali
Objet : le système d'information de l'AProCA
Dans cet agréable entretien, notre ami Dioma nous a parlé du système d'information de l'AProCA et des principaux enjeux pour le développement d'une plus grande intégration entre les différents niveaux institutionnels des organisations professionnels de producteurs de coton. Il a tout d'abord parlé du circuit de l'information (collecte, traitement, diffusion, retro-alimentation) entre l'AProCA et les plateformes nationales de producteurs de coton. Ensuite il a exposé l'effort de l'AProCA pour le renforcement des systèmes nationaux d'information et il a parlé du rôle fondamental du téléphone dans les communications internes. Pour finir il a fait une réflexion sur l'importance et les conditions préalables d'une bonne communication au sein de la profession agricole.
Commençant donc par le circuit de l'information chez AproCA, Dioma m'a dit que, en termes de collecte d'informations, il conduit des veilles biotechnologique, politique et commerciale essentiellement par internet. Ces veilles se basent sur des expressions de recherche systématiques (comme "coton", "politique agricole", "subvention agricole", "négociation commerciale OMC", etc.) et des demandes spécifiques venant de la direction des plateformes nationales. Les principales sources d'information sont:
- des sites d'instituts de recherche, comme le CORAF (Conseil Ouest et Centre Africain pour la recherche et le développement agricole);
- des sites d'institutions sous-régionales, comme l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine), la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale);
- des news letters, comme celles d'Oxfam, d'Ideas et de la CEDEAO; ainsi que
- de la presse sur internet.
En ce qui concerne le traitement des informations, Dioma m'a dit qu'il fait de retranscriptions des informations qui lui semblent plus importantes en utilisant un langage aussi basic que possible pour faciliter la compréhension par les utilisateurs potentiels. Sa mission dans cet aspect est de résumer et de simplifier les messages. Les informations sont diffusées en Français et en Anglais (pour le Ghana, la Gambie et la Guinée Bissau) au même moment. Il y a également un projet de traduction en langues locales de quelques documents fondamentaux, comme le "Guide de bonnes pratiques face à la libéralisation".
Les principaux canaux de diffusion sont la news letter et le site de l'AProCA, et aussi les emails. Ces derniers sont utilisés pour la communication tout court évidemment, mais aussi pour diffuser des résumés des news letters et les informations administratives. Pour l'instant Dioma n'a pas les moyens de s'assurer que les news letters arrivent aux producteurs. Les interlocuteurs de l'AProCA sont les unions nationales et la diffusion des informations au sein de chaque plateforme dépend essentiellement de leurs dynamismes respectifs. Après 2006, quand une enquête sur les besoins en information des agriculteurs a été réalisée, des cellules d'information ont été établies en annexe à la direction de chaque plateforme nationale: ce sont les "points focaux". Ces points focaux sont constitués d'un technicien et de deux producteurs (élus dans le cadre de l'organisation professionnelle). Les producteurs ont un rôle de validation par rapport aux messages qui circulent dans le système et les besoins des producteurs. Selon Dioma, cette configuration vise à "éviter que cela ne soit une affaire de techniciens".
La remontée d'informations (depuis les plateformes nationales vers l'AProCA) se fait à la demande pour des questions spécifiques ou, même que moins fréquemment, de façon spontanée. Dioma a donc témoigné de la grande hétérogénéité de réactivité des plusieurs points focaux. Selon lui, un des facteurs explicatif est la nature de l'embauche des personnes liées aux points focaux. Ainsi, dans les diverses plateformes, les personnes intégrant les points focaux sont des salariés ou des personnes mises à disposition par d'autres institutions. Selon Dioma, en générale, la motivation et réactivité des salariés sont supérieures à celles des personnes mises à disposition.
Les principales dépenses de l'AProCA en termes de communication sont le téléphone, la connexion internet et l'hébergement du site de l'association*. Le téléphone a un rôle très important dans la communication institutionnelle du réseau AProCA. Il est utilisé, par exemple, pour la confirmation de réception de messages électroniques, mais aussi, et principalement pour la communication avec les élus, qui n'utilisent encore que très peu la messagerie électronique. La communication entre les techniciens s'est fait davantage par email. Dioma a exprimé sa volonté d'explorer des nouveaux moyens de communication, notamment basé sur internet. Ainsi, il compte promouvoir l'utilisation de logiciels de messagerie instantanée et de voix sur IP, comme Skype, par exemple.
Depuis quelques années l'AProCA fait un effort pour renforcer les systèmes nationaux d'information, des diverses plateformes. La mise en place des points focaux, en fin 2006, représente le premier volet de cet effort. Le deuxième volet est celui de la formation: des sessions de formation pour toutes les personnes travaillant dans les points focaux ont été organisées entre septembre et octobre 2007; ces formations concernaient des techniques d'information et de communication, et également de maîtrise du cycle de l'information, à savoir l'enchaînement évolutif des activités d'identification de besoins, de collecte, de traitement, et de diffusion d'informations. Un troisième volet correspond au renforcement en termes d'équipements: en mai 2008 trois plateformes nationales (Sénégal, Benin et Cameroun) ont été équipés avec des ordinateurs complets fournis par l'AProCA.
Enfin, Dioma m'a parlé de l'importance de la communication au sein des institutions professionnelles agricoles de la filière cotonnière africaine, et les conditions préalables à son développement. Selon lui, l'accès à l'information est important non seulement pour appuyer la prise de décision par les agriculteurs (aspect économique) mais aussi pour engendrer une plus grande participation des producteurs aux activités de l'organisation professionnelle (aspect institutionnel). Ainsi, l'échange d'informations tend à renforcer les liens entre les membres de l'OP, ce qui facilite l'évolution de la gouvernance au sein de l'institution. Dioma nous rappelle que, participant aux échanges d'informations, "le producteur se sent impliqué", ce qui développe le sentiment d'appartenance à l'organisation. Et on sait combien ce dernier est fondamental pour le succès et la durabilité d'une institution.
En ce qui concerne les conditions préalables au développement d'un système de communication efficace, Dioma a été un de plus à réaffirmer la priorité de la structuration des organisations professionnelles agricoles. Selon lui, indépendamment des outils technologiques utilisés, la communication est une caractéristique résultante de la bonne structuration d'une organisation professionnelle. La technologie est là, selon lui, seulement pour rendre la communication plus rapide et fréquente.
* Il y a encore de dépenses sporadiques pour la production de contenu, surtout par des contrats avec des journalistes, pour la couverture d'évènements spécifiques.
24 juil. 2008
Visite au CRCR de Matam, entretien avec Mamadou Bocoum
Avec : Mamadou Bocoum, relais en communication du CRCR de Matam
Quand : le 19 juin 2008
Où : au CRCR de Matam (Centre Régional de Coopération et de Concertation des Ruraux), Sénégal
Objet : le Pënc du CRCR de Matam
Le relais en communication du Pënc de Matam est quelqu'un de très dynamique, avec plein d'idées de comment développer la communication entre les divers acteurs de terrain, mais il a à sa disposition très peu de ressources. Il se dit un relais entre les porteurs de projets (OPs, organisées dans les CLCOP) et les partenaires pour le développement.
Comme il n'y a pas encore de connexion internet au Pënc de Matam, Monsieur Bocoum est obligé de se déplacer pour recueillir les informations des projets de développement et les offrir dans la suite aux producteurs que viennent vers lui ; "on va vers l'information", il me dit. Les déplacements sont à sa charge. Pour rester en contact via internet avec le siège de l'ASPRODEB ou avec ses pairs, il doit aller à un cybercafé, et payer lui-même la connexion (300 FCFA par heure), ou dans les bureaux d'autres projets de développement de la région – c'est le cas de l'ANCAR (l'Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural, aussi partie du projet PSAOP financé par la Banque Mondial) qui, grâce à la bonne volonté des responsables à Matam, permet que Monsieur Bocoum vienne consulter sa boîte email gratuitement de temps en temps. Une clé USB est utilisée pour assurer le transfert des données entre le poste du Pënc (sans connexion) et le cybercafé ou les postes de l'ANCAR.
Dans le circuit de l'information, des contacts informels avec les techniciens de l'ANCAR ont un rôle important. Ces techniciens sont en contact direct avec les CLCOP et donc avec les producteurs. Dès qu'ils viennent à Matam, ils passent voir le relais en communication pour donner des nouvelles et recueillir des informations à transmettre aux producteurs. C'est une complicité informelle entre le relais en communication et les techniciens de l'ANCAR, une dynamique créée par eux-mêmes, par laquelle ils essaient d'augmenter la fluidité de l'information dans les deux sens, montant et descendant. Ainsi, si le relais en communication a besoin d'informer un CLCOP donné, il va d'abord à l'ANCAR et demande s'il y a des techniciens liés au CLCOP en question qui vont passer par Matam, ou pour prendre leurs numéros de téléphone.
Lancé en novembre 2007, le Pënc de Matam compte parmi ses activités et produits:
Il y a également un plan de diffusion d'informations par la radio, mais le financement n'est pas encore libéré. Une comparaison des radios de la région a été faite, la radio a été choisie et un contrat de 7 mois établi pour des émissions mensuelles de 45 minutes. Il ne manque plus que l'argent.
Les principales sources d'information sont:
Par rapport au traitement de l'information avant diffusion, le relais en communication dit que l'information est toujours résumée, et parfois traduite, par lui-même, dans la langue locale (le Poulard). Ainsi, par exemple, chaque numéro du bulletin mensuel contient des petits articles en Poulard.
Monsieur Bocoum pense qu'avec l'accès à internet dans le Pënc les possibilités vont se démultiplier, surtout en termes d'échange avec les partenaires. Il pense également que la formation des producteurs à l'utilisation des outils informatique est importante, mais il regrette le manque d'intérêt des membres (normalement les producteurs les plus âgés). Le contact des producteurs avec la machine au Pënc de Matam reste très réduit. Le service de formation (assuré par le propre relais en communication) n'est pas encore proposé aux jeunes du village, mais Monsieur Bocoum est sûr que beaucoup d'entre eux seraient intéressés.
Une impression par rapport au dynamisme des Pëncs: il dépend énormément de la motivation du relais en communication. Et cette motivation, on pourrait le dire, ne vient pas du salaire qu'ils reçoivent: Monsieur Bocoum avoue être prêt à prendre la première opportunité qui apparaisse avec une meilleure rémunération.
Quand : le 19 juin 2008
Où : au CRCR de Matam (Centre Régional de Coopération et de Concertation des Ruraux), Sénégal
Objet : le Pënc du CRCR de Matam
Le relais en communication du Pënc de Matam est quelqu'un de très dynamique, avec plein d'idées de comment développer la communication entre les divers acteurs de terrain, mais il a à sa disposition très peu de ressources. Il se dit un relais entre les porteurs de projets (OPs, organisées dans les CLCOP) et les partenaires pour le développement.
Comme il n'y a pas encore de connexion internet au Pënc de Matam, Monsieur Bocoum est obligé de se déplacer pour recueillir les informations des projets de développement et les offrir dans la suite aux producteurs que viennent vers lui ; "on va vers l'information", il me dit. Les déplacements sont à sa charge. Pour rester en contact via internet avec le siège de l'ASPRODEB ou avec ses pairs, il doit aller à un cybercafé, et payer lui-même la connexion (300 FCFA par heure), ou dans les bureaux d'autres projets de développement de la région – c'est le cas de l'ANCAR (l'Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural, aussi partie du projet PSAOP financé par la Banque Mondial) qui, grâce à la bonne volonté des responsables à Matam, permet que Monsieur Bocoum vienne consulter sa boîte email gratuitement de temps en temps. Une clé USB est utilisée pour assurer le transfert des données entre le poste du Pënc (sans connexion) et le cybercafé ou les postes de l'ANCAR.
Dans le circuit de l'information, des contacts informels avec les techniciens de l'ANCAR ont un rôle important. Ces techniciens sont en contact direct avec les CLCOP et donc avec les producteurs. Dès qu'ils viennent à Matam, ils passent voir le relais en communication pour donner des nouvelles et recueillir des informations à transmettre aux producteurs. C'est une complicité informelle entre le relais en communication et les techniciens de l'ANCAR, une dynamique créée par eux-mêmes, par laquelle ils essaient d'augmenter la fluidité de l'information dans les deux sens, montant et descendant. Ainsi, si le relais en communication a besoin d'informer un CLCOP donné, il va d'abord à l'ANCAR et demande s'il y a des techniciens liés au CLCOP en question qui vont passer par Matam, ou pour prendre leurs numéros de téléphone.
Lancé en novembre 2007, le Pënc de Matam compte parmi ses activités et produits:
- dépliant de présentation du CRCR
- bulletin d'information mensuel
- organisation de la participation des groupements à des événements régionaux et nationaux (comme la journée régionale paysanne de la région de Matam en décembre 2007, et la FIARA 2008, la Foire Internationale de l'Agriculture et des Ressources Animales, à Dakar)
- mise en place d'un forum de discussion régional entre les membre avec accès à internet
- impressions de documents (pour les membres, 25 FCFA la page ou 15 FCFA si la personne apporte du papier)
- information générales (comme sur la procédure d'ouverture d'un compte dans une mutuelle d'épargne et de crédit)
Il y a également un plan de diffusion d'informations par la radio, mais le financement n'est pas encore libéré. Une comparaison des radios de la région a été faite, la radio a été choisie et un contrat de 7 mois établi pour des émissions mensuelles de 45 minutes. Il ne manque plus que l'argent.
Les principales sources d'information sont:
- la base (exemple: information sur un recrutement de la FONGS, une des sociétés faitières membre du CNCR, dans ce cas, des membres de la FONGS se sont déplacé et ont laissé des dossiers de candidature pour le poste dans le Pënc)
- ASPRODEB (échange de fichiers avec google docs)
- bulletin hebdomadaire de la Coopération Suisse
- bulletin hebdomadaire Agrinfo (abonnement payé par l'ASPRODEB)
- direction régionale de l'agiculture (état)
Par rapport au traitement de l'information avant diffusion, le relais en communication dit que l'information est toujours résumée, et parfois traduite, par lui-même, dans la langue locale (le Poulard). Ainsi, par exemple, chaque numéro du bulletin mensuel contient des petits articles en Poulard.
Monsieur Bocoum pense qu'avec l'accès à internet dans le Pënc les possibilités vont se démultiplier, surtout en termes d'échange avec les partenaires. Il pense également que la formation des producteurs à l'utilisation des outils informatique est importante, mais il regrette le manque d'intérêt des membres (normalement les producteurs les plus âgés). Le contact des producteurs avec la machine au Pënc de Matam reste très réduit. Le service de formation (assuré par le propre relais en communication) n'est pas encore proposé aux jeunes du village, mais Monsieur Bocoum est sûr que beaucoup d'entre eux seraient intéressés.
Une impression par rapport au dynamisme des Pëncs: il dépend énormément de la motivation du relais en communication. Et cette motivation, on pourrait le dire, ne vient pas du salaire qu'ils reçoivent: Monsieur Bocoum avoue être prêt à prendre la première opportunité qui apparaisse avec une meilleure rémunération.
21 juil. 2008
Visite à Manobi, entretien avec Daniel Annerose
Avec : Daniel Annerose, directeur général de Manobi
Quand : le 16 juin 2008
Où : au siège de Manobi, Dakar, Sénégal
Objet : la thèse
Daniel Annerose a été très critique par rapport au thème de la thèse (l’appropriation des TIC par les agriculteurs). D’un coté, les TIC ont, selon lui, un rôle très accessoire dans le développement rural, et préalablement à leur déploiement il faut absolument que les filières agricoles soient bien structurées. De l’autre côté, il dit que l’appropriation des technologies par les agriculteurs est une fausse question, car, une fois que les organisations paysannes seront bien structurées et que l’offre de services technologiques sera adaptée aux besoins locaux, les producteurs seront près à y adhérer et n’auront pas des difficultés spécifiques pour utiliser la technologie.
Par rapport à l’approche envisagée dans le travail de la thèse, il est d’accord sur l’intérêt d’utilisation des systèmes d’information pour échanger des bonnes pratiques et des conseils agricoles, et non pas seulement des informations de marché. Il a cité, notamment, des agences de vulgarisation comme Sodeva, aujourd’hui disparues, et qui faisaient un bon travail de vulgarisation agricole au Sénégal. Il pense que l’utilisation des TIC dans ce domaine peut être prometteuse, toujours à condition d’une bonne structuration préalable des OP.
En bref, Monsieur Annerose a souligné qu’un système d’information ne peut pas être efficacement au service des producteurs dans l’absence d’une structuration forte de la profession agricole. Autrement dit, il faut que les OP soient bien structurées pour que ses membres soient en condition de bénéficier d’un système d’information efficace.
Quand : le 16 juin 2008
Où : au siège de Manobi, Dakar, Sénégal
Objet : la thèse
Daniel Annerose a été très critique par rapport au thème de la thèse (l’appropriation des TIC par les agriculteurs). D’un coté, les TIC ont, selon lui, un rôle très accessoire dans le développement rural, et préalablement à leur déploiement il faut absolument que les filières agricoles soient bien structurées. De l’autre côté, il dit que l’appropriation des technologies par les agriculteurs est une fausse question, car, une fois que les organisations paysannes seront bien structurées et que l’offre de services technologiques sera adaptée aux besoins locaux, les producteurs seront près à y adhérer et n’auront pas des difficultés spécifiques pour utiliser la technologie.
Par rapport à l’approche envisagée dans le travail de la thèse, il est d’accord sur l’intérêt d’utilisation des systèmes d’information pour échanger des bonnes pratiques et des conseils agricoles, et non pas seulement des informations de marché. Il a cité, notamment, des agences de vulgarisation comme Sodeva, aujourd’hui disparues, et qui faisaient un bon travail de vulgarisation agricole au Sénégal. Il pense que l’utilisation des TIC dans ce domaine peut être prometteuse, toujours à condition d’une bonne structuration préalable des OP.
En bref, Monsieur Annerose a souligné qu’un système d’information ne peut pas être efficacement au service des producteurs dans l’absence d’une structuration forte de la profession agricole. Autrement dit, il faut que les OP soient bien structurées pour que ses membres soient en condition de bénéficier d’un système d’information efficace.
Visite au CRCR de Dakar, entretien avec Mamadou Ba
Avec : Mamadou Ba, relais en communication du CRCR de Dakar
Quand : le 17 juin 2008
Où : au CRCR de Dakar (Centre Régional de Coopération et de Concertation des Ruraux), Sénégal
Objet : le Pënc du CRCR de Dakar
Selon Mamadou Ba, l’objectif du Pënc est surtout de mettre les informations en circulation, servir de cadre d’échange entre les leaders et la base. Cet objectif se décline en :
1) collecter des informations, surtout auprès de la base, pour mettre en évidence le dynamisme de la base, les stratégies de mise en oeuvre de l’activité agricole, de la gestion des ressources naturelles, etc ;
2) répertorier les acteurs de développement de la région (programmes de développement, ONG), recueillir des informations sur leurs programmes et informer les producteurs ;
3) servir de lieux de concertation entre : les producteurs, les acteurs de développement, et les médias (répertoire des organes de presse)
Une des principales activités de communication prévues est l’organisation de rencontres entre ces trois types d’acteurs. Néanmoins, au CRCR de Dakar cela n’est pas encore une réalité : le budget de fonctionnement qui permettra l’organisation des rencontres doit être libéré à partir de juillet 2008. Ce budget servira surtout pour payer le déplacement des producteurs pour assurer leur participation aux rendez-vous.
Ce qui se fait déjà, sur une périodicité mensuelle, sont le bulletin d’information et le rapport d’activités. Ce sont des moyens de retransmission des informations recueillies par le relais en communication sur tout ce qui se passe dans la région. Ces informations sont résumées et parfois simplifiées avant d’être transmises aux producteurs. En plus, et comme travail initial (avant que les moyens de communication soient disponibles) Mamadou Ba a préparé des dépliants d’information sur le CRCR et le Pënc.
En pratique, comment le relais en communication est en contact avec les producteurs ? L’idée serait que la majorité des communications se fassent par email. Mais, dans la région de Dakar seulement un des points focaux a un compte email (et cela depuis moins d’un mois). En plus, le propre Pënc au CRCR de Dakar rencontrait des problèmes de connexion à internet depuis quelques semaines lors de ma visite. En réalité, les relais en communication et les producteurs entrent en contact par le courrier, les déplacements (aussi bien du relais en communication vers les communautés, que des producteurs au Pënc) et surtout par le téléphone portable (pris en charge par les propres utilisateurs).
A la base, les acteurs de terrain sont toujours prêts à recevoir le relais en communication, car, pour eux, il s’agit d’une opportunité de parler de leurs préoccupations et de voir leurs problèmes transmis aux décideurs d’autres instances.
Comme il a déjà été dit dans un autre article, les points focaux ne sont pas rémunérés par le programme PSAOP. Selon Mamadou Ba, leur motivation se base sur la perspective de développement de la région. Mamadou a rappelé la tendance de donner de plus en plus d’importance à la maîtrise de l’outil informatique pour assurer le dynamisme des institutions à la base. Voici une piste pour expliquer l’intérêt du programme PSAOP à investir en formations pour les utilisateurs, en particulier pour les points focaux.
Quand : le 17 juin 2008
Où : au CRCR de Dakar (Centre Régional de Coopération et de Concertation des Ruraux), Sénégal
Objet : le Pënc du CRCR de Dakar
Selon Mamadou Ba, l’objectif du Pënc est surtout de mettre les informations en circulation, servir de cadre d’échange entre les leaders et la base. Cet objectif se décline en :
1) collecter des informations, surtout auprès de la base, pour mettre en évidence le dynamisme de la base, les stratégies de mise en oeuvre de l’activité agricole, de la gestion des ressources naturelles, etc ;
2) répertorier les acteurs de développement de la région (programmes de développement, ONG), recueillir des informations sur leurs programmes et informer les producteurs ;
3) servir de lieux de concertation entre : les producteurs, les acteurs de développement, et les médias (répertoire des organes de presse)
Une des principales activités de communication prévues est l’organisation de rencontres entre ces trois types d’acteurs. Néanmoins, au CRCR de Dakar cela n’est pas encore une réalité : le budget de fonctionnement qui permettra l’organisation des rencontres doit être libéré à partir de juillet 2008. Ce budget servira surtout pour payer le déplacement des producteurs pour assurer leur participation aux rendez-vous.
Ce qui se fait déjà, sur une périodicité mensuelle, sont le bulletin d’information et le rapport d’activités. Ce sont des moyens de retransmission des informations recueillies par le relais en communication sur tout ce qui se passe dans la région. Ces informations sont résumées et parfois simplifiées avant d’être transmises aux producteurs. En plus, et comme travail initial (avant que les moyens de communication soient disponibles) Mamadou Ba a préparé des dépliants d’information sur le CRCR et le Pënc.
En pratique, comment le relais en communication est en contact avec les producteurs ? L’idée serait que la majorité des communications se fassent par email. Mais, dans la région de Dakar seulement un des points focaux a un compte email (et cela depuis moins d’un mois). En plus, le propre Pënc au CRCR de Dakar rencontrait des problèmes de connexion à internet depuis quelques semaines lors de ma visite. En réalité, les relais en communication et les producteurs entrent en contact par le courrier, les déplacements (aussi bien du relais en communication vers les communautés, que des producteurs au Pënc) et surtout par le téléphone portable (pris en charge par les propres utilisateurs).
A la base, les acteurs de terrain sont toujours prêts à recevoir le relais en communication, car, pour eux, il s’agit d’une opportunité de parler de leurs préoccupations et de voir leurs problèmes transmis aux décideurs d’autres instances.
Comme il a déjà été dit dans un autre article, les points focaux ne sont pas rémunérés par le programme PSAOP. Selon Mamadou Ba, leur motivation se base sur la perspective de développement de la région. Mamadou a rappelé la tendance de donner de plus en plus d’importance à la maîtrise de l’outil informatique pour assurer le dynamisme des institutions à la base. Voici une piste pour expliquer l’intérêt du programme PSAOP à investir en formations pour les utilisateurs, en particulier pour les points focaux.
11 juil. 2008
Système d’information du CNCR
Pour l’instant le système d’information du CNCR est organisé surtout dans le sens descendant, de diffusion d’informations vers des niveaux intermédiaires de l’organisation des paysans au Sénégal, notamment les CRCR (Centres Régionaux de Concertation des Ruraux).
Les principales sources du système actuellement sont des lettres d’informations proposées par d’institutions étrangères comme la lettre hebdomadaire de l’AFDI (Agriculteurs Français et Développement International), la revue de presse bimensuelle sur le monde agricole au Sénégal faite par le bureau de la Coopération Suisse au Sénégal, la revue Dajaloo publié par SOS Faim, entre autres. Ces documents sont reçus et retransmis par email. En plus de ces documents, des rapports de l’Initiative Prospective Agricole et Rural* sont également diffusés.
Face à l’externalisation du système d’information conçu initialement par le CNCR**, cet institution lance maintenant une opération de restructuration de son système d’information interne. Ils ont déjà un accord avec SOS Faim Belgique pour le financement, mais l’argent n’a pas encore été libéré. L’idée est d’organiser la formation d’une centaine de personnes à l’utilisation des TIC, en particulier d’internet. A partir du deuxième semestre de 2008 le CNCR compte organiser 5 séances de formation de 2 à 3 jours, pour une vingtaine de personnes chacune. Il s’agit bien d’un projet de formation, sans appui spécifique pour l’acquisition ou l’entretien d’infrastructure informatique. Les personnes formées constitueront un réseau de relais sur le terrain, et prendront à leur charge les coûts d’utilisation d’internet (de 200 à 300 FCFA par heure dans un cybercafé, à moins de 20 Km dans la majorité des cas) et ceux de transport pour pouvoir y accéder.
Deux détails pratiques qui montrent des grands besoins encore en termes d’infrastructure de communication interne au CNCR : en pratique seulement 15 des 26 sociétés faitières membres du CNCR ont accès à internet ; et l’accès internet du siège du CNCR est payé par le projet PSAOP de la Banque Mondiale, géré actuellement par l’ASPRODEB**.
* Il s’agit d’un rassemblement d’acteurs de la société civil (CNCR), de l’état (Ministère de l’Agriculture), des instituts de recherche et des ONG pour discuter sur des problèmes du développement rural au Sénégal.
** pour plus d’information voir article "Le CNCR, l’ASPRODEB et le PSAOP", publié le 10 juillet 2008
Source : entretien Marius Dia (CNCR)
Les principales sources du système actuellement sont des lettres d’informations proposées par d’institutions étrangères comme la lettre hebdomadaire de l’AFDI (Agriculteurs Français et Développement International), la revue de presse bimensuelle sur le monde agricole au Sénégal faite par le bureau de la Coopération Suisse au Sénégal, la revue Dajaloo publié par SOS Faim, entre autres. Ces documents sont reçus et retransmis par email. En plus de ces documents, des rapports de l’Initiative Prospective Agricole et Rural* sont également diffusés.
Face à l’externalisation du système d’information conçu initialement par le CNCR**, cet institution lance maintenant une opération de restructuration de son système d’information interne. Ils ont déjà un accord avec SOS Faim Belgique pour le financement, mais l’argent n’a pas encore été libéré. L’idée est d’organiser la formation d’une centaine de personnes à l’utilisation des TIC, en particulier d’internet. A partir du deuxième semestre de 2008 le CNCR compte organiser 5 séances de formation de 2 à 3 jours, pour une vingtaine de personnes chacune. Il s’agit bien d’un projet de formation, sans appui spécifique pour l’acquisition ou l’entretien d’infrastructure informatique. Les personnes formées constitueront un réseau de relais sur le terrain, et prendront à leur charge les coûts d’utilisation d’internet (de 200 à 300 FCFA par heure dans un cybercafé, à moins de 20 Km dans la majorité des cas) et ceux de transport pour pouvoir y accéder.
Deux détails pratiques qui montrent des grands besoins encore en termes d’infrastructure de communication interne au CNCR : en pratique seulement 15 des 26 sociétés faitières membres du CNCR ont accès à internet ; et l’accès internet du siège du CNCR est payé par le projet PSAOP de la Banque Mondiale, géré actuellement par l’ASPRODEB**.
* Il s’agit d’un rassemblement d’acteurs de la société civil (CNCR), de l’état (Ministère de l’Agriculture), des instituts de recherche et des ONG pour discuter sur des problèmes du développement rural au Sénégal.
** pour plus d’information voir article "Le CNCR, l’ASPRODEB et le PSAOP", publié le 10 juillet 2008
Source : entretien Marius Dia (CNCR)
Les Pëncs
Partie fondamentale de la stratégie d’échange d’informations entre les différentes instances de l’organisation des paysans au Sénégal, le Pënc (se lit "peint") est un point d’appui du système d’information institutionnel. Il a été conçu pour fonctionner comme une véritable bourse d’informations, à être alimentée à la fois par les plateformes nationales, comme le CNCR*, et par les instances plus proches du terrain. Il existe surtout pour faciliter la circulation des informations.
Tout Pënc est sensé compter avec un ordinateur, une connexion internet, un fax, une photocopieuse, un véhicule, un panneau d’affichage et une bibliothèque avec des documents en version papier. Il est piloté par le relais en communication, dont la mission originale, dans la première phase du projet PSAOP*, se limitait à la gestion du flux d’information, aussi bien descendant que montant, et à l’appui aux OP dans la conception et mise en forme de ses projets de développement, de façon que ceux-ci soient plus facilement éligibles aux financements disponibles dans la région.
Dans la deuxième phase du PSAOP, la mission des relais en communication a été élargie. S’ajoutent aux fonctions originales : la création d’une base de données sur les possibles financeurs pour des projets de terrain dans la région ; la publication d’un bulletin mensuel d’information ; et l’intermédiation avec les organes de presse. Cette dernière fonction est d’informer les journalistes à propos de la réalité rurale, des événements associatifs, et pour mettre en place des diffusions régionales d’information à travers les radios locales.
Le rôle principal du relais en communication est d’alléger les informations reçues et compilées avant la diffusion. Une fois que les utilisateurs potentiels ont en général un niveau de formation assez basique, cette étape de simplification est fondamentale pour faciliter la compréhension des messages. Le relais en information est un véritable filtre d’informations, et parfois il fait également des traductions dans les langues locales.
Les sources d’informations des relais en information sont nombreuses : les plateformes nationales, les élus aux différents niveaux institutionnels, les producteurs rencontrés lors des visites de terrain ou des passages des agriculteurs par le Pënc, en plus des bulletins d’information d’autres institutions. En théorie, le relais en communication utilise internet et les téléphones fixe et portable pour se communiquer avec ses sources, et les diffusions se font par le panneau d’affichage, des bulletins d’information, des emails, des émissions radio, et des déplacements dans les communautés rurales.
Au niveau des communautés rurales, le système compte de plus en plus avec d’autres personnes-relais, appelées les points focaux. Ces personnes sont en contact direct (téléphone et/ou email) avec le relais en communication responsable du Pënc de la région. Un des points de la réflexion actuelle à l’ASPRODEB*, responsable du réseau des Pëncs, c’est la motivation des points focaux, qui travaillent bénévolement pour assurer la circulation de l’information entre la base et les Pëncs. Sociologiquement parlant le rôle de porteur de l’information pourrait intégrer en soi une motivation importante : la reconnaissance sociale qui en découle. De toute façon, l’ASPRODEB et le CNCR réfléchisse ensemble à la motivation des points focaux, et une des pistes sont les formations à l’utilisation des TIC.
Les dépenses liées au fonctionnement du Pënc et le salaire du relais en communication entrent dans le budget de la composante OP du programme PSAOP. A titre indicatif, les dépenses avec internet et le téléphone fixe montent à approximativement 30 mille FCFA par mois, par Pënc.
Les informations données dans cet article sont plutôt de caractère "théorique"... dans la pratique les choses ne fonctionne pas toujours si bien. Comme exemple, les deux Pëncs visités n’avaient pas de connexion internet opérationnelle, soit parce qu’elle était carrément absente (Pënc de Matam), soit parce que elle ne fonctionnait pas depuis quelques mois (Pënc de Dakar). Pour avoir plus de détails sur l’activité d’un Pënc, voir les articles[à être publiés bientôt] "Visite au CRCR de Dakar" et "Visite au CRCR de Matam", aussi dans le libellé "sur le terrain".
* pour plus d’informations sur le CNCR, l’ASPRODEB et le programme PSAOP, qui finance la mise en œuvre des Pënc au Sénégal, voir l'article "Le CNCR, l’ASPRODEB et le PSAOP" publié le 10 juillet 2008.
Sources : entretien avec Marius Dia (CNCR), entretien avec Amadou Diop (ASPRODEB)
Tout Pënc est sensé compter avec un ordinateur, une connexion internet, un fax, une photocopieuse, un véhicule, un panneau d’affichage et une bibliothèque avec des documents en version papier. Il est piloté par le relais en communication, dont la mission originale, dans la première phase du projet PSAOP*, se limitait à la gestion du flux d’information, aussi bien descendant que montant, et à l’appui aux OP dans la conception et mise en forme de ses projets de développement, de façon que ceux-ci soient plus facilement éligibles aux financements disponibles dans la région.
Dans la deuxième phase du PSAOP, la mission des relais en communication a été élargie. S’ajoutent aux fonctions originales : la création d’une base de données sur les possibles financeurs pour des projets de terrain dans la région ; la publication d’un bulletin mensuel d’information ; et l’intermédiation avec les organes de presse. Cette dernière fonction est d’informer les journalistes à propos de la réalité rurale, des événements associatifs, et pour mettre en place des diffusions régionales d’information à travers les radios locales.
Le rôle principal du relais en communication est d’alléger les informations reçues et compilées avant la diffusion. Une fois que les utilisateurs potentiels ont en général un niveau de formation assez basique, cette étape de simplification est fondamentale pour faciliter la compréhension des messages. Le relais en information est un véritable filtre d’informations, et parfois il fait également des traductions dans les langues locales.
Les sources d’informations des relais en information sont nombreuses : les plateformes nationales, les élus aux différents niveaux institutionnels, les producteurs rencontrés lors des visites de terrain ou des passages des agriculteurs par le Pënc, en plus des bulletins d’information d’autres institutions. En théorie, le relais en communication utilise internet et les téléphones fixe et portable pour se communiquer avec ses sources, et les diffusions se font par le panneau d’affichage, des bulletins d’information, des emails, des émissions radio, et des déplacements dans les communautés rurales.
Au niveau des communautés rurales, le système compte de plus en plus avec d’autres personnes-relais, appelées les points focaux. Ces personnes sont en contact direct (téléphone et/ou email) avec le relais en communication responsable du Pënc de la région. Un des points de la réflexion actuelle à l’ASPRODEB*, responsable du réseau des Pëncs, c’est la motivation des points focaux, qui travaillent bénévolement pour assurer la circulation de l’information entre la base et les Pëncs. Sociologiquement parlant le rôle de porteur de l’information pourrait intégrer en soi une motivation importante : la reconnaissance sociale qui en découle. De toute façon, l’ASPRODEB et le CNCR réfléchisse ensemble à la motivation des points focaux, et une des pistes sont les formations à l’utilisation des TIC.
Les dépenses liées au fonctionnement du Pënc et le salaire du relais en communication entrent dans le budget de la composante OP du programme PSAOP. A titre indicatif, les dépenses avec internet et le téléphone fixe montent à approximativement 30 mille FCFA par mois, par Pënc.
Les informations données dans cet article sont plutôt de caractère "théorique"... dans la pratique les choses ne fonctionne pas toujours si bien. Comme exemple, les deux Pëncs visités n’avaient pas de connexion internet opérationnelle, soit parce qu’elle était carrément absente (Pënc de Matam), soit parce que elle ne fonctionnait pas depuis quelques mois (Pënc de Dakar). Pour avoir plus de détails sur l’activité d’un Pënc, voir les articles[à être publiés bientôt] "Visite au CRCR de Dakar" et "Visite au CRCR de Matam", aussi dans le libellé "sur le terrain".
Curiosité : dans la tradition locale "pënc" (mot Wolof) désigne l’endroit du village où les personnes se rencontrent, normalement en fin de journée, pour discuter sur tout et sur rien ; c’est un lieu d’échange d’informations commerciales, économiques, réglementaires, sociales, culturelles etc. Le mot a été repris de façon très astucieuse pour désigner les centres d'informations régionales à service des agriculteurs sénégalais.
* pour plus d’informations sur le CNCR, l’ASPRODEB et le programme PSAOP, qui finance la mise en œuvre des Pënc au Sénégal, voir l'article "Le CNCR, l’ASPRODEB et le PSAOP" publié le 10 juillet 2008.
Sources : entretien avec Marius Dia (CNCR), entretien avec Amadou Diop (ASPRODEB)
10 juil. 2008
Structure de la profession agricole au Sénégal
Politiquement le Sénégal est divisé en régions, départements, arrondissements, communautés rurales et villages. Le pays compte approximativement 13 mille villages, regroupés dans 325 communautés rurales. Deux à quatre communautés rurales forment un arrondissement, deux à trois arrondissements forment un département, trois départements forment une région (sauf dans le cas de la région de Dakar qui compte 5 départements). On a un total de 35 départements et 11 régions (plus 3 récemment créées).
En ce qui concerne l’organisation de la profession agricole, un producteur compte avec des instances institutionnelles au niveau du village (Groupement de Producteurs), de la communauté rurale (Cadre Local de Concertation des Organisations de Producteurs, CLCOP, et Conseil Rural), et de la région (Pënc et Conseil Régional). Il y a plusieurs groupements de producteurs par villages. Approximativement 200 des 325 communautés rurales du Sénégal comptent avec un CLCOP. Dans cette instance, des réunions sont organisées à chaque 15 jours pour échange d'informations et discussion sur les contraints du développement local. Au niveau régional, ces réunions se font une fois par mois.
Source : entretien avec Marius Dia (CNCR)
En ce qui concerne l’organisation de la profession agricole, un producteur compte avec des instances institutionnelles au niveau du village (Groupement de Producteurs), de la communauté rurale (Cadre Local de Concertation des Organisations de Producteurs, CLCOP, et Conseil Rural), et de la région (Pënc et Conseil Régional). Il y a plusieurs groupements de producteurs par villages. Approximativement 200 des 325 communautés rurales du Sénégal comptent avec un CLCOP. Dans cette instance, des réunions sont organisées à chaque 15 jours pour échange d'informations et discussion sur les contraints du développement local. Au niveau régional, ces réunions se font une fois par mois.
Source : entretien avec Marius Dia (CNCR)
Le CNCR, l'ASPRODEB et le PSAOP
Le CNCR (Centre National de Concertation et de Coopération des Ruraux) a été créé par la société civil (des institutions faitières) en 1992 comme instrument d'influence auprès du gouvernement, pour défendre les intérêts des producteurs dans la définition de politiques agricoles au Sénégal. Au fur et à mesure que l'influence du CNCR augmenté, le gouvernement a commencé à solliciter le CNCR du côte opérationnel, pour la mise en pratique des suggestions formulées. Or le CNCR avait été conçu comme une entité à vocation politique, caractère qu’il garde encore aujourd'hui.
Les mêmes institutions faitières fondatrices du CNCR créent donc en 1995 l'ASPRODEB (Association de Promotion du Développement à la Base), une ONG indépendante du CNCR dont l’objectif était de répondre au besoin d’exécution des propositions. Dès sa fondation, l’ASPRODEB compte un conseil d'administration et une agence d'exécution de projets (AGEP), cette dernière composée surtout de techniciens.
Passons donc à la question du système d’information. Le CNCR avait une stratégie de communication interne qu'incluait la création de centres d'information en zone rurale pour permettre une meilleure circulation des informations entre les instances administratives et la base (ce qui deviendrait plus tard les Pëncs). Il manquait, néanmoins, les ressources financières pour la concrétiser.
L'opportunité pour mettre en pratique ce plan est venue avec le projet PSAOP (Program des Services Agricoles et Organisations de Producteurs), financé par la Banque Mondiale. Le PSAOP comporte quatre composantes : recherche agricole, conseil agricole et rural, organisation des producteurs ruraux, et renforcement des services publics du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. A la première phase du PSAOP, la gestion de la composante OP a été confié au CNCR, qui a pu mettre en œuvre la phase pilote des Pëncs : ils ont été installés dans 4 régions du pays.
Jusqu’à l’année 2000, le CNCR était la seule organisation représentative des paysans au niveau national au Sénégal. Avec le changement de gouvernement en 2000, les relations entre le CNCR et l’Etat se détériorent. Le nouveau gouvernement favorise la création d’autres institutions de représentation paysanne au niveau national. Depuis cette date six autres institutions du type ont été créées (avec le CNCR elles sont actuellement 7).
Même si ces autres institutions n’ont pas la représentativité qui possède le CNCR, comme le financement derrière le PSAOP est public (Banque Mondiale), les fruits du projet doivent être disponible à tous les agriculteurs, indépendamment de leur affiliation à une ou autre institution de représentation paysanne.
Ainsi, le CNCR, qui a conçu la stratégie de communication derrière les Pëncs et qui a eu la possibilité de la mettre en pratique grâce au financement de la Banque Mondiale, voit actuellement le contrôle de ce système d’information lui échapper. D’ailleurs, à la deuxième phase du PSAOP (de 2007 à 2011) c’est l’ASPRODEB qui est responsable par la gestion du budget de la composante OP, et qui, en conséquence, a pris le contrôle du réseau des Pëncs.
En effet, l’argent derrière le PSAOP est public, et il est raisonnable que les résultats du projet soient mis à disposition de tous les agriculteurs sénégalais, et non pas seulement de ceux affiliés à l’institution responsable par l’idéalisation du système. Il est néanmoins compréhensible que le CNCR ait du mal à accepter l’externalisation et la perte du contrôle sur un système d’information conçu en interne, surtout dans un paysage politique adverse. "Nous nous sommes prostitués" dit Marius Dia, du CNCR, faisant allusion au financement de la Banque Mondiale pour le développement des Pëncs.
Maintenant, le CNCR lance une opération de restructuration de son système d’information interne, indépendamment des Pëncs et du PSAOP (pour plus d’information voir article"Système d’information du CNCR" [à être publié bientôt]). Face à cette réaction, on pourrait craindre la mise en place d’un système parallèle aux Pëncs et donc un gaspillage de ressources au nom de rivalités politiques. Heureusement, comme ce projet lancé par le CNCR contemple seulement la formation des relais sur le terrain à l’utilisation des TIC, et non pas la mise en œuvre de l’infrastructure, il est possible qu’il vienne s’ajouter aux efforts du projet PSAOP dans le déploiement des Pëncs, et renforcer les synergies envisageables entre les deux initiatives. Ainsi on l’espère.
Sources : entretiens avec Marius Dia (CNCR) et Amadou Diop (ASPRODEB)
Les mêmes institutions faitières fondatrices du CNCR créent donc en 1995 l'ASPRODEB (Association de Promotion du Développement à la Base), une ONG indépendante du CNCR dont l’objectif était de répondre au besoin d’exécution des propositions. Dès sa fondation, l’ASPRODEB compte un conseil d'administration et une agence d'exécution de projets (AGEP), cette dernière composée surtout de techniciens.
Passons donc à la question du système d’information. Le CNCR avait une stratégie de communication interne qu'incluait la création de centres d'information en zone rurale pour permettre une meilleure circulation des informations entre les instances administratives et la base (ce qui deviendrait plus tard les Pëncs). Il manquait, néanmoins, les ressources financières pour la concrétiser.
L'opportunité pour mettre en pratique ce plan est venue avec le projet PSAOP (Program des Services Agricoles et Organisations de Producteurs), financé par la Banque Mondiale. Le PSAOP comporte quatre composantes : recherche agricole, conseil agricole et rural, organisation des producteurs ruraux, et renforcement des services publics du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage. A la première phase du PSAOP, la gestion de la composante OP a été confié au CNCR, qui a pu mettre en œuvre la phase pilote des Pëncs : ils ont été installés dans 4 régions du pays.
Jusqu’à l’année 2000, le CNCR était la seule organisation représentative des paysans au niveau national au Sénégal. Avec le changement de gouvernement en 2000, les relations entre le CNCR et l’Etat se détériorent. Le nouveau gouvernement favorise la création d’autres institutions de représentation paysanne au niveau national. Depuis cette date six autres institutions du type ont été créées (avec le CNCR elles sont actuellement 7).
Même si ces autres institutions n’ont pas la représentativité qui possède le CNCR, comme le financement derrière le PSAOP est public (Banque Mondiale), les fruits du projet doivent être disponible à tous les agriculteurs, indépendamment de leur affiliation à une ou autre institution de représentation paysanne.
Ainsi, le CNCR, qui a conçu la stratégie de communication derrière les Pëncs et qui a eu la possibilité de la mettre en pratique grâce au financement de la Banque Mondiale, voit actuellement le contrôle de ce système d’information lui échapper. D’ailleurs, à la deuxième phase du PSAOP (de 2007 à 2011) c’est l’ASPRODEB qui est responsable par la gestion du budget de la composante OP, et qui, en conséquence, a pris le contrôle du réseau des Pëncs.
En effet, l’argent derrière le PSAOP est public, et il est raisonnable que les résultats du projet soient mis à disposition de tous les agriculteurs sénégalais, et non pas seulement de ceux affiliés à l’institution responsable par l’idéalisation du système. Il est néanmoins compréhensible que le CNCR ait du mal à accepter l’externalisation et la perte du contrôle sur un système d’information conçu en interne, surtout dans un paysage politique adverse. "Nous nous sommes prostitués" dit Marius Dia, du CNCR, faisant allusion au financement de la Banque Mondiale pour le développement des Pëncs.
Maintenant, le CNCR lance une opération de restructuration de son système d’information interne, indépendamment des Pëncs et du PSAOP (pour plus d’information voir article"Système d’information du CNCR" [à être publié bientôt]). Face à cette réaction, on pourrait craindre la mise en place d’un système parallèle aux Pëncs et donc un gaspillage de ressources au nom de rivalités politiques. Heureusement, comme ce projet lancé par le CNCR contemple seulement la formation des relais sur le terrain à l’utilisation des TIC, et non pas la mise en œuvre de l’infrastructure, il est possible qu’il vienne s’ajouter aux efforts du projet PSAOP dans le déploiement des Pëncs, et renforcer les synergies envisageables entre les deux initiatives. Ainsi on l’espère.
Sources : entretiens avec Marius Dia (CNCR) et Amadou Diop (ASPRODEB)
Visite à l’ASPRODEB, entretien avec Amadou Diop
Avec : Amadou Diop, chargé de communication à l’ASPRODEB (Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base)
Quand : le 16 juin 2008
Où : au siège de l’ASPRODEB, Dakar, Sénégal
Objet : les Pëncs, le projet PSAOP, problèmes des systèmes d’information ruraux, espoir de développement local
Dans la même journée j’ai eu l’opportunité de discuter avec Amadou à deux reprises, en fin de matinée et en fin d’après-midi – on avait trop de choses à dire, il me semble ! On a discuté principalement sur les Pëncs (voir article"Les Pëncs") et le projet financé par la Banque Mondiale dans le cadre duquel ces centre d’informations ont été mis en place (PSAOP, voir détails dans l'article "CNCR ASPRODEB et les Pëncs"). Il m’a fourni des pièces importantes du puzzle PSAOP-CNCR-ASPRODEB. Sa description des trois principales contraintes actuelles pour le développement d’un système d’information rural me semble précieuse ! et également inspirée a été son explication de l’espoir qu’il a pour le développement local au Sénégal.
Selon Amadou, les principales contraintes rencontrées dans la saga de développement des systèmes d’information ruraux au Sénégal sont, en ordre décroissant d’importance :
Amadou garde néanmoins un très grand espoir par rapport au développement local au Sénégal, et il s’explique : il y a toute une nouvelle génération, des jeunes sénégalais bien formées, qui reprend l’intérêt par le développement rural, et commencent à rentrer en brousse pour servir de leadership local. Selon lui, tous les sénégalais ont une histoire liée à l’agriculture. Ceux qui sont venu en ville à la recherche d’opportunités y ont trouvé également des inconvénients de poids, comme des problèmes de sureté, de la délinquance – moins fréquents dans la zone rurale. On commence à relativiser l’idée selon laquelle le développement ne peut se faire qu’à l’intérieur des murs de la ville. Et quelques-uns, bien formés, rentrent chez eux et assurent le commandement du développement au niveau local. Amadou a rappelé que "on est toujours plus heureux chez soi", et m’a montré que cet attachement des personnes au monde rural, lié à des circonstances structurantes, comme la possibilité de suivre une bonne formation pour quelques-uns d’entre eux, engendre un nouveau souffle pour le développement rural sénégalais.
Finalement, Amadou m’a parlé d’un projet de l’ASPRODEB, encore en phase de conception, de mise en place d’une plateforme informatique d’échange entre les agriculteurs. Ils ont déjà un accord de principe de la part du ministère des technologies sénégalais pour le financement public aussi bien de l’infrastructure que des formations. L’objectif est l’échange d’information de marché des intrants, des produits agricoles, mais aussi des bonnes pratiques agricoles. Des synergies sont à étudier entre cette initiative et la plateforme e-agriculture.
Quand : le 16 juin 2008
Où : au siège de l’ASPRODEB, Dakar, Sénégal
Objet : les Pëncs, le projet PSAOP, problèmes des systèmes d’information ruraux, espoir de développement local
Dans la même journée j’ai eu l’opportunité de discuter avec Amadou à deux reprises, en fin de matinée et en fin d’après-midi – on avait trop de choses à dire, il me semble ! On a discuté principalement sur les Pëncs (voir article"Les Pëncs") et le projet financé par la Banque Mondiale dans le cadre duquel ces centre d’informations ont été mis en place (PSAOP, voir détails dans l'article "CNCR ASPRODEB et les Pëncs"). Il m’a fourni des pièces importantes du puzzle PSAOP-CNCR-ASPRODEB. Sa description des trois principales contraintes actuelles pour le développement d’un système d’information rural me semble précieuse ! et également inspirée a été son explication de l’espoir qu’il a pour le développement local au Sénégal.
Selon Amadou, les principales contraintes rencontrées dans la saga de développement des systèmes d’information ruraux au Sénégal sont, en ordre décroissant d’importance :
- le manque de structuration des OP, qui se fait sentir au moins à travers deux indicateurs : le manque d’indépendance des OP par rapport à des projets de développement spécifiques (budget et durée limités) – pas d’autonomie institutionnel –, et, en dépit des fonctions formelles distinctes dans l’organisation, la centralisation des informations et du pouvoir sur quelques élus – entraves à la circulation de l’information ;
- bas niveau de formation des agriculteurs, ce qui détermine un besoin en information adapté dans la forme (vocal si possible) et très simplifié dans le contenu ;
- problèmes d’infrastructure, à la fois en termes d’accès à la technologie, de coût d’utilisation et de fiabilité du service proposé.
Amadou garde néanmoins un très grand espoir par rapport au développement local au Sénégal, et il s’explique : il y a toute une nouvelle génération, des jeunes sénégalais bien formées, qui reprend l’intérêt par le développement rural, et commencent à rentrer en brousse pour servir de leadership local. Selon lui, tous les sénégalais ont une histoire liée à l’agriculture. Ceux qui sont venu en ville à la recherche d’opportunités y ont trouvé également des inconvénients de poids, comme des problèmes de sureté, de la délinquance – moins fréquents dans la zone rurale. On commence à relativiser l’idée selon laquelle le développement ne peut se faire qu’à l’intérieur des murs de la ville. Et quelques-uns, bien formés, rentrent chez eux et assurent le commandement du développement au niveau local. Amadou a rappelé que "on est toujours plus heureux chez soi", et m’a montré que cet attachement des personnes au monde rural, lié à des circonstances structurantes, comme la possibilité de suivre une bonne formation pour quelques-uns d’entre eux, engendre un nouveau souffle pour le développement rural sénégalais.
Finalement, Amadou m’a parlé d’un projet de l’ASPRODEB, encore en phase de conception, de mise en place d’une plateforme informatique d’échange entre les agriculteurs. Ils ont déjà un accord de principe de la part du ministère des technologies sénégalais pour le financement public aussi bien de l’infrastructure que des formations. L’objectif est l’échange d’information de marché des intrants, des produits agricoles, mais aussi des bonnes pratiques agricoles. Des synergies sont à étudier entre cette initiative et la plateforme e-agriculture.
9 juil. 2008
Visite au CNCR, entretien avec Marius Dia
Avec : Marius Dia, Technicien Coordinateur du CNCR
Quand : le 16 juin 2008
Où : au siège du CNCR (Centre National de Coopération et de Concertation des Ruraux), Dakar, Sénégal
Objet : système d’information du CNCR
Dans cet entretien on a discuté de plusieurs sujets, commençant par la structure des organisations paysannes au Sénégal, passant par les centres régionaux d’information liés au réseau des CRCR (Centres Régionaux de Coopération et de Concertation des Ruraux) appelés Pënc (se lit "peint"), quelques informations pratiques sur les sources d’information du CNCR et sur le coût d’accès à internet au Sénégal, et finalement la question de la restructuration du système d’information du CNCR. Pour les questions de fond de ces divers sujets je vous invite à lire les articles spécifiques [qui seront publiés très bientôt].
Question circonstancielle: pendant mon entretien avec Monsieur Dia, une pluie très intense est tombée sur Dakar; quelques minutes après son début, une bonne partie des rues de la ville étaient inondées (et d'ailleurs elles sont restées sous l'eau plusieurs heures après la fin de la pluie), et, peut-être plus grave en ce qui concerne les systèmes d'information, plusieurs coupures d'électricité se sont succédées (plus de 5 dans un espace de temps de 3 heures), parfois durant plus de 20 minutes. La fragilité des infrastructures de base est certainement un handicap pour le développement des systèmes d'information dans les pays en question.
Quand : le 16 juin 2008
Où : au siège du CNCR (Centre National de Coopération et de Concertation des Ruraux), Dakar, Sénégal
Objet : système d’information du CNCR
Dans cet entretien on a discuté de plusieurs sujets, commençant par la structure des organisations paysannes au Sénégal, passant par les centres régionaux d’information liés au réseau des CRCR (Centres Régionaux de Coopération et de Concertation des Ruraux) appelés Pënc (se lit "peint"), quelques informations pratiques sur les sources d’information du CNCR et sur le coût d’accès à internet au Sénégal, et finalement la question de la restructuration du système d’information du CNCR. Pour les questions de fond de ces divers sujets je vous invite à lire les articles spécifiques [qui seront publiés très bientôt].
Question circonstancielle: pendant mon entretien avec Monsieur Dia, une pluie très intense est tombée sur Dakar; quelques minutes après son début, une bonne partie des rues de la ville étaient inondées (et d'ailleurs elles sont restées sous l'eau plusieurs heures après la fin de la pluie), et, peut-être plus grave en ce qui concerne les systèmes d'information, plusieurs coupures d'électricité se sont succédées (plus de 5 dans un espace de temps de 3 heures), parfois durant plus de 20 minutes. La fragilité des infrastructures de base est certainement un handicap pour le développement des systèmes d'information dans les pays en question.
8 juil. 2008
Voyage en Afrique de l’Ouest - juin 2008
Du 15 au 30 juin 2008 j’ai été en Afrique de l’Ouest pour visiter quelques initiatives d’utilisation des TIC par et pour des agriculteurs.
Au Sénégal, j’ai visité le CNCR (Centre National de Coopération et Concertation des Ruraux), l’ASPRODEB (Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base), Manobi et le projet PRODAM II (Projet de Développement Agricole de Matam). Au Mali, j’ai visité le siège de l’AProCA (Association des Producteurs de Coton Africains) et l’UN-SCPC (Union Nationale des Sociétés Cotonnières et des Producteurs de Coton). Au Burkina Faso, j’ai visité l’UNPCB (Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina) et l’entreprise Celtel, opérateur de téléphonie mobile.
Dans les jours qui viennent je vous décrirais chacun des entretiens par des brefs articles avec les sujets débattus et les circonstances de déroulement de ces rendez-vous, ainsi que quelques impressions, commentaires et curiosités. D’autres articles seront dédiés spécifiquement à des points d’intérêt pour la thèse, comme les centres d’information dans chacune des expériences visitées, où j’essaierai de regrouper et analyser des informations de plusieurs entretiens.
Au Sénégal, j’ai visité le CNCR (Centre National de Coopération et Concertation des Ruraux), l’ASPRODEB (Association Sénégalaise pour la Promotion du Développement à la Base), Manobi et le projet PRODAM II (Projet de Développement Agricole de Matam). Au Mali, j’ai visité le siège de l’AProCA (Association des Producteurs de Coton Africains) et l’UN-SCPC (Union Nationale des Sociétés Cotonnières et des Producteurs de Coton). Au Burkina Faso, j’ai visité l’UNPCB (Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina) et l’entreprise Celtel, opérateur de téléphonie mobile.
Dans les jours qui viennent je vous décrirais chacun des entretiens par des brefs articles avec les sujets débattus et les circonstances de déroulement de ces rendez-vous, ainsi que quelques impressions, commentaires et curiosités. D’autres articles seront dédiés spécifiquement à des points d’intérêt pour la thèse, comme les centres d’information dans chacune des expériences visitées, où j’essaierai de regrouper et analyser des informations de plusieurs entretiens.
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