Français: Blog sur la thèse de doctorat d'Eric Pasquati, dont le thème est l'appropriation des technologies de l'information et de la communication (TIC) par des agriculteurs ouest-africains.

English: Eric Pasquati's PhD concerning the appropriation of ICT by farmers in West Africa. Please, fell free to leave your comments in English.

Português: Tese de doutorado de Eric Pasquati sobre a apropriação das tecnologias da informação e da comunicação (TIC) pelos agricultores da
África do Oeste. Será um prazer discutir também em Português sobre o tema.

Español: Tesis de doctorado de Eric Pasquati sobre la
apropiación de las tecnologías de información y de la comunicación (TIC) por los agricultores del África de l'Oeste. Sientan la libertad de dejar también sus comentarios en español.

Affichage des articles dont le libellé est théorie / theory. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est théorie / theory. Afficher tous les articles

4 août 2008

Livre - Martin Heidegger - La question de la technique

Auteur : Martin Heidegger
Titre : Essais et conférences – chapitre: La question de la technique
Maison d’édition : Gallimard
Année : 1958
traduit de l'Allemand par André Préau
Mots clés : technique, dévoilement, contrôle, essence, vérité

Une fois que notre thèse porte sur l'utilisation d'outils technologiques, il nous a semblé cohérent d'étudier ce qui régit le processus de mise en œuvre de tels outils: la notion de technique. Martin Heidegger propose dans le premier chapitre de ce livre une réflexion philosophique sur la technique. Voici un aperçu de son raisonnement et une première réflexion sur les implications par rapport au travail de la thèse.

En première approximation Heidegger parle de la technique comme étant "un moyen de certaines fins (…) une activité de l'homme" (p. 10). Pour approfondir cette notion, Heidegger approche celle du dévoilement. Selon lui, le dévoilement est le processus par lequel ce qui est caché devient non-caché. Dans ce sens, le dévoilement dépasse largement "une activité de l'homme" et est une moyen de manifestation de la vérité (*1). Heidegger défend l'idée que "la technique n'est pas seulement un moyen: elle est un mode du dévoilement" (p. 18), donc, du domaine de la vérité.

Mais il s'agirait d'un mode très particulier du dévoilement, propre à l'homme et marqué par sa rationalité: "La technique arraisonne la nature, elle l'arrête et l'inspecte (…) et la met au régime de la raison" (p. 26).

Selon Heidegger le dévoilement qui se met en place à travers la technique moderne est caractérisé par une double provocation: l'homme qui provoque la nature pour en récupérer l'énergie

"Le dévoilement qui régit la technique moderne est une pro-vocation par laquelle la nature est mise en demeure de livrer une énergie qui puisse comme telle être extraite et accumulée. (…) [il] a le caractère d'une interpellation au sens d'une pro-vocation. Celle-ci a lieu lorsque l'énergie cachée dans la nature est libérée, que ce qui est ainsi obtenu est transformé, que le transformé est accumulé, l'accumulé à sont tour réparti et le réparti à nouveau commué. Obtenir, transformer, accumuler, répartir, commuer sont des modes du dévoilement [de la technique moderne]." (pp. 20-22)

…et l'homme qui est provoqué par sa rationalité à commettre la première provocation; l'homme qui est provoqué à imposer sa volonté de contrôle sur la nature:

"(…) l'homme est pro-voqué d'une façon plus originelle que les énergies de la nature, à savoir au 'commettre' (…). En s'adonnant à la technique, il prend part au commettre comme à un mode du dévoilement." (pp. 24-25)

Ainsi, la technique moderne est pour Heidegger le "dévoilement qui provoque" (pp. 23-24). L'essence de cette technique serait donc la tendance de l'homme à imposer sa rationalité au monde, à vouloir contrôler l'existence des choses, diriger leur dévoilement. Cette tendance Heidegger appelle Arraisonnement.

"La direction elle-même, de son côté, est partout assurée. Direction et assurance (de direction) sont même les traits principaux du dévoilement qui provoque." (p. 22)

Heidegger voit dans l'essence de la technique ainsi définie à la fois un grand danger et un espoir fondamental pour l'humanité. Le danger est que l'homme, empreint de cette volonté de contrôle, passe à côté de l'essence fondamentale des choses, limitant sa compréhension de leur dévoilement au 'commettre', à l'utilité prévue par sa rationalité:

"La menace qui pèse sur l'homme ne provient pas en premier lieu des machines et appareils de la technique (…) la menace véritable a déjà atteint l'homme dans son être. (…) Le règne de l'Arraisonnement nous menace de l'éventualité qu'à l'homme puisse être refusé de revenir à un dévoilement plus originel et d'entendre ainsi l'appel d'une vérité plus initiale." (pp. 37-38)

L'espoir est que la nature même de la technique, tant que mode de dévoilement, peut l'affirmer comme voie d'accès à la vérité et donc d'aide à l'épanouissement de l'être humain:

"la pro-vocation, qui engage dans l'acte par lequel le réel est commis comme fonds (*2), demeure toujours, elle-aussi, un envoi (du destin), qui conduit l'homme vers un des chemins du dévoilement. En tant qu'elle est ce destin, l'essence de la technique engage l'homme dans ce qu'il ne peut de lui-même, ni inventer, ni encore moins faire. Car, un homme qui ne serait qu'homme, uniquement de et par lui-même: une telle chose n'existe pas." (p. 43)

Heidegger résume ainsi l'ambigüité de l'essence de la technique (l'Arraisonnement):

"D'un côté l'Arraisonnement pro-voque à entrer dans le mouvement furieux du commettre, qui bouche toute vue sur la production du dévoilement et met ainsi radicalement en péril notre rapport à l'essence de la vérité. D'un autre côté l'Arraisonnement a lieu dans 'ce qui accorde' et qui détermine l'homme à persister (dans son rôle): être – encore inexpérimenté, mais plus expert peut-être à l'avenir – celui qui est main-tenu à veiller sur l'essence de la vérité." (pp. 44-45)

Pour le travail de la thèse il me semble qu'un enseignement à retenir soit donc que la technique peut être un outil puissant de dévoilement de la vérité, à condition d'être considérée dans sa bonne mesure, en évitant la fascination par les moyens techniques. Heidegger semble nous suggérer à chercher connaître davantage l'essence des choses à travers la technique, et à laisser de côté l'idée de contrôle qui elle peut nous proposer. Un contrôle qui serait, de toute façon, appliqué sur une perception très superficielle et peut-être illusoire de la réalité.

"[Il faut apercevoir] ce qui dans la technique est essentiel, au lieu de nous laisser fasciner par les choses techniques. Aussi longtemps que nous nous représentons la technique comme un instrument, nous restons pris dans la volonté de la maîtriser. Nous passons à côté de l'essence de la technique." (p. 44)

(*1) Le terme en Grec pour dévoilement a été traduit en romain par veritas, ce qui donne en Allemand Wahrheit (en Français, vérité).

(*2) Heidegger appelle "fonds" le caractère de ce qui a été dévoilé (sorti de l'occultation) sous l'influence d'une volonté de contrôle; ce qui a été produit de façon intentionnelle et contrôlée.

14 avr. 2008

L’être humain, une "machine à idées", selon Jean-François Dortier

Jean-François Dortier développe dans son livre L’Homme, cet étrange animal*, mais aussi dans son article Aux origines de la pensée**, la théorie de la machine à idées. Selon cette théorie l’aptitude à forger des idées serait à l’origine des caractéristiques proprement humaines et correspondrait au facteur causal unique pour le développement à la fois du langage, de l’art, de la technique et des cultures symboliques.

L’identification du propre de l’être humain a amené les chercheurs à faire des comparaisons systématiques avec les animaux. Plusieurs points distinctifs des humains ont été évoqués : la bipédie, de comportements particuliers comme la fabrication d’objets de toute sorte, le langage, la religion, etc. Dortier nous rappelle néanmoins que la supériorité de l’intelligence humaine par rapport à celle des autres animaux n’est pas absolue :

"Chaque espèce a développé des formes d’intelligence spécifiques (…) Peut-être même existe-t-il des formes de cognition qui nous seront toujours étrangères." (DORTIER, 2004 – p 353)

Il dit encore que la culture n’est pas une exclusivité des humains. Il a été prouvé à plusieurs reprises que les conduites animales ne sont pas que des réactions instinctives, et que plusieurs espèces sont capables de transmettre des savoirs à de nouvelles générations. Les cultures animales restent toutefois beaucoup plus simples que les humaines.

Le différentiel développé chez les humains serait l’aptitude cognitive de la métareprésentation, c’est-à-dire, l’utilisation des représentations comme objets de pensée, la création des mondes virtuels, ou encore, selon Dortier, l’invention proprement des idées. Cette spécificité de l’intelligence humaine a permis le développement d’autres aptitudes secondaires, comme, par exemple :

  • la faculté à évoquer mentalement des objets absents : créer des représentations mentales détachées du contexte immédiat ;
  • l’aptitude à l’anticipation : planifier des activités sur le long terme et agir "avec un modèle en tête" ; mais surtout
  • la capacité d’analyser nos états mentaux et d’agir pour les modifier en cohérence avec un plan, une intention, une finalité.

Dans la fabrication d’outils par exemple, cela signifie, selon Dortier :

"(…) se représenter à l’esprit un but à réaliser, avoir un schéma mental de l’objet à obtenir, puis organiser son action en buts et sous-buts en vue de parvenir à ce résultat."

Pour les êtres humains la métareprésentation aurait donné naissance au langage, mais aussi à la technique, à l’art, à la culture symbolique. Cette dernière est définie par Dortier comme "l’ensemble des lois, des règles morales, des institutions, des mythes et des idéaux collectifs qui organisent la vie collective des humains" (DORTIER, 2004 – p 355). Le langage n’est, pour lui, "qu’un outil – un outil collectif – qui sert à communiquer plus ou moins bien les pensées qui lui préexistent" (DORTIER, 2004 – p 357). En particulier, Dortier cite les recherches sur les images mentales, qui ont révélé l’existence d’une pensée visuelle indépendante du langage.

En appui de sa théorie de la machine à idées, l’auteur présente deux arguments supplémentaires : l’apparition simultanée dans l’histoire de l’évolution humaine de la technique, du langage, de l’art ; et l’existence d’un centre cérébral unique responsable par ces activités: le lobe frontal (particulièrement développé chez les humains).

Finalement, pour mettre en évidence l’importance de l’environnement culturel pour le développement de la pensée humaine, Dortier dit qu’il y a 30 mille ans le cerveau de Cro-Magnon possédait déjà, biologiquement parlant, les mêmes potentialités et les mêmes limites que le nôtre.

"Dès lors [il y a 30 mille ans], les conditions requises pour le développement de la pensée ne dépendront pas de l’évolution cérébrale, mais de la dynamique propre de l’évolution culturelle." (DORTIER, 2004 – p 362)

*DORTIER, J. F. (2004). L'homme, cet étrange animal. Sciences Humaines Editions.

**DORTIER, J. F. (2006). Aux origines de la pensée. Article dans la revue Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, n° 1.

La métareprésentation et la communication inférentielle, selon Dan Sperber

En février 2000, Dan Sperber a donné une conférence dans le cadre de l’Université de Tous les Savoris, sous le titre de La communication du sens*. Il défend dans son exposé le modèle inférentiel de communication, selon lequel la base du processus de communication humaine est l’aptitude d’un interlocuteur à inférer le sens voulu à partir d’indices et d’un contexte. La capacité métareprésentationnelle – caractéristique spécifique des êtres humains – serait à la base de cette aptitude.

Dan Sperber commence son exposé par la présentation de la question, selon lui, la plus fondamentale de la communication humaine, à savoir :

"Comment je peux partager avec quelqu’un une pensée, un état mental, qui ne sort pas de ma tête ?"

Essayant de répondre à cette question, le modèle du code se base sur l’association entre sens et expressions et le partage d’un code commun entre l’émetteur et le récepteur. Ainsi, l’émetteur pourrait choisir des expressions du code qui correspondent au sens qu'il veut transmettre, ensuite verbaliser ces expressions, et le récepteur de son côté pourrait décoder les expressions pour retrouver les sens voulu.

Les langues humaines sont les codes les plus riches dont nous avons connaissance, mais force est de constater que les expressions du langage présentent des versions toujours ambigües et incomplètes du sens voulu par l’émetteur. Une grande partie de la communication humaine se fait de façon implicite, et donc non directement codé.

Une adaptation du modèle du code propose de garder le rôle fondamental du code en soi et de compléter le processus de compréhension par l’inférence. Dans ce cas il faudrait expliquer comment cette inférence a lieu…

Inversant le rapport entre le code et l’inférence, nous arrivons au modèle inférentiel de communication :

  1. l’émetteur produit un indice du sens voulu, cet indice peut ne pas exister en aucun code spécifique ;
  2. le récepteur infère le sens voulu à partir de l’indice et du contexte.

Ainsi, une expression linguistique serait un indice (particulièrement riche) mais elle ne consisterait pas en un encodage du sens voulu.

"On ne peut jamais encoder pleinement ce que l’on veut dire."

L’inférence du sens est possible chez les humains en raison d’une aptitude qui nous est propre (et qui, selon Sperber, serait la principale distinction de la pensée humaine par rapport aux autres animaux) : la capacité métareprésentationnelle. Il s’agit de la capacité de reconnaître dans l’autrui des états mentaux, des désirs, des croyances. Concevoir un sens voulu par l’émetteur est clairement une condition nécessaire à l’inférence qui permet la compréhension du message par le récepteur.

Le modèle inférentiel se base donc sur la capacité de métareprésentation des êtres humains et casse le lien entre communication et langage, imposé auparavant par le modèle du code. Sperber propose alors trois points de conclusion pour son exposé :

  • "la communication humaine est un effet secondaire de la capacité d’attribuer des états mentaux à autrui [capacité métareprésentationnelle] ;
  • la communication inférentielle est possible sans langage, mais grâce aux langages son pouvoir expressif est très augmenté ;
  • le décodage du sens linguistique n’est qu’une étape de la découverte inférentielle du sens voulu".


* SPERBER, D. (2000). La communication du sens. Conférence donné le 19/02/2000 dans le cadre de l'Université de Tous les Savoirs, disponible sur Internet à l'adresse: http://www.canalu.com (consulté le 01/04/08).

11 avr. 2008

Diversité et stabilité culturelles par la modularité de l’esprit, selon Dan Sperber

Dans l’article Unité et diversité des cultures*, Dan Sperber utilise l’hypothèse de la modularité de l’esprit humain pour expliquer à la fois la diversité et la stabilité des cultures humaines.

Les modules seraient des prédispositions cognitives spécialisées du cerveau humain. Un module traite des informations (des inputs) spécifiques, qui respectent ou correspondent à certains critères.

"On peut citer comme exemples classiques de modules : la reconnaissance de visages, la peur du vide, l’attribution d’états mentaux à autrui, le décodage des énoncés, la lecture et l’écriture."

Sperber dit que la majorité des modules mentaux humains sont des modules d’apprentissage, et même si ils ont des bases innées, ils ne sont pas complètement innés : leurs formes matures dépendent du processus en soi d’apprentissage.

Sperber rappelle que les modules ont deux types de domaine d’activation :

  • le domaine propre : l’ensemble des inputs qu’il a pour fonction de traiter ;
  • le domaine effectif : l’ensemble des inputs qu’il traite effectivement.

Selon Sperber, le domaine effectif d’un module donné (p.ex. la reconnaissance de visages) peut être envahi par des inputs artificiels (p.ex. le maquillage). Or,

"(…) tandis que les inputs naturels des modules cognitifs ne varient que modestement d’un environnement à l’autre, différentes cultures peuvent produire des inputs artificiels qui varient énormément e qui néanmoins satisfont aux conditions d’input des mêmes modules."

Ainsi, d’un côté, l’existence même de modules cognitifs en tant que base commune entre les individus d’une société humaine expliquerait la stabilité des cultures.

De l’autre côté, la possibilité d’invasion du domaine effectif d’un module par des inputs artificiels et la grande variété des stimuli sociaux des différentes cultures expliqueraient la diversité culturelle.

* SPERBER, D. (2006). Unité et diversité des cultures. Article dans la revue Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, n° 1.

9 avr. 2008

Notion de communication

Dans la même ligne de ce qui a été dit à propos du terme "culture", voici quelques idées à propos du terme communication*:
  • la communication est un processus de mise en relation entre acteurs, qui peuvent être, des individus, des individus avec des machines, ou simplement des machines;
  • l'objectif de la communication est l'échange d'informations entre les acteurs en question;
  • si la communication se donne entre des individus, elle peut être dite communication humaine; cela regroupe la communication interpersonnelle (entre deux ou plus individus) et la communication de masse (quand des informations sont adressées à un très grand nombre d'individus à partir d'un nombre limité de émetteurs);
  • la communication humaine, à son tour, est un processus de transmission intentionnelle* d'informations entre individus; ces informations sont en partie explicites, en partie implicites (ce qui peut nous amener à la discussion sur les limites du langage objectif dans le processus de transmission du sens voulu par l'émetteur et interprété par le récepteur);
  • la communication humaine se décompose en:
a) production d'une représentation publique par l'émetteur, à partir d'une représentation mentale que lui est propre; et
b) interprétation, par le récepteur, de la représentation publique transmise, pour forger sa propre représentation mentale du sujet en question.
  • ce modèle souligne la différence qui existe entre les représentations mentales de l'émetteur et du récepteur dans n'importe quel processus de communication: une fois que le contexte n'est pas perçu de la même manière par les deux acteurs (de par leurs propres histoires personnelles et intentions), ce contexte sera utilisé de façon non symétrique dans les processus de production et d'interprétation de la représentation publique échangée. Le résultat est que, indépendamment du soin avec l'objectivité du processus de transmission d'un sens voulu par l'émetteur, il y aura toujours une marge d'ambigüité dans la communication, et la représentation mentale du récepteur sera toujours différente de celle de l'émetteur.
Voir ci-dessous une carte conceptuelle correspondante aux idées présentées.


* Ces réflexions se basent sur les sources suivantes:
DORTIER, J. F. (2000). Aux origines de la pensée. Article dans la revue Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, n° 1.
SPERBER, D. (2006). Unité et diversité des cultures. Article dans la revue Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, n° 1.
SPERBER, D. (2000). La communication du sens. Conférence donné le 19/02/2000 dans le cadre de Université de Tous les Savoirs, disponible sur Internet à l'adresse: http://www.canalu.com (consulté le 01/04/08).

Notion de culture humaine

Au début de ma recherche bibliographique, et vu que mon background académique est plutôt dans les sciences dites dures, il me fallait essayer de mieux comprendre des notions de base en sciences humaines. Voilà pourquoi j'ai été amené à commencer par des recherches sur les notions de culture et de communication.

Même étant conscient que la notion de culture n'est plus utilisée exclusivement pour décrire des relations humaines, je voudrais vous présenter initialement quelques considérations à propos de la notion de culture humaine*. Sans vouloir tomber dans la prétention de définir en une phrase un terme si abstrait que "culture", mais dans l'objectif quand même de préciser cette notion, je vous propose l'exposition suivante d'idées:
  • une culture humaine est un ensemble d'expressions symboliques qui caractérisent les relations humaines dans une société donnée;
  • des exemples de ces expressions symboliques sont: le langage, les techniques, l'art, les formes de vie en société;
  • ces expressions symboliques sont crées à partir d'informations largement distribuées dans la société en question;
  • ces informations se concrétisent en des représentations mentales dans les esprits des personnes (visions semblables du monde) et en des comportements extérieurs dans l'espace physique que ces personnes partagent (formes de vie compatibles);
  • les représentations mentales sont à la base de la mise en œuvre des expressions symboliques citées précédemment, et les comportements modèlent la forme de vivre dans la société en question;
  • finalement, les informations communes, à la base des expressions symboliques qui caractérisent une société donnée, sont transmises conscient ou inconsciemment d'une génération à l'autre, déterminant une continuation de cette culture dans le temps.
Voir ci-dessous une carte conceptuelle correspondante aux idées présentées.


* Ces réflexions se basent sur les sources suivantes:
DORTIER, J. F. (2004).
L'homme, cet étrange animal. Sciences Humaines Editions.
DORTIER, J. F. (2000).
Aux origines de la pensée. Article dans la revue Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, n° 1.
SPERBER, D. (2006).
Unité et diversité des cultures. Article dans la revue Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, n° 1.