Français: Blog sur la thèse de doctorat d'Eric Pasquati, dont le thème est l'appropriation des technologies de l'information et de la communication (TIC) par des agriculteurs ouest-africains.

English: Eric Pasquati's PhD concerning the appropriation of ICT by farmers in West Africa. Please, fell free to leave your comments in English.

Português: Tese de doutorado de Eric Pasquati sobre a apropriação das tecnologias da informação e da comunicação (TIC) pelos agricultores da
África do Oeste. Será um prazer discutir também em Português sobre o tema.

Español: Tesis de doctorado de Eric Pasquati sobre la
apropiación de las tecnologías de información y de la comunicación (TIC) por los agricultores del África de l'Oeste. Sientan la libertad de dejar también sus comentarios en español.

27 oct. 2008

Réunion besoins en information 22oct08

Avec : Jean-Marie Blanchard, conseilleur professionnel pour la thèse; Cecilia Bellora, chef de projet politiques agricoles à FARM; et Mathilde Douillet, chef de projet vivrier à FARM
Quand : le 22 octobre 2008, de 15h à 16h30
Où : à FARM
Objet : caractérisation des agriculteurs, de leurs activités et hypothèses sur leurs besoins en information

L'objectif de cette réunion était de discuter plus longuement la question de la caractérisation des informations pertinentes pour les agriculteurs africains. Plusieurs facteurs doivent être pris en compte dans la formulation d'hypothèses sur les besoins en information des agriculteurs. Ces facteurs témoignent de l'importance d'aspects économiques mais aussi socioculturels dans cette analyse.

Dans la logique de centrer la recherche sur l'agriculteur et de tenter saisir ce qu'il a à l'esprit (ce qu'il fait, ce qu'il veut), voici quelques points de réflexion:

Il faut comprendre la structure et la dynamique des exploitations agricoles en question. Il serait donc intéressant d'étudier les typologies d'exploitations pour mieux comprendre la disposition et la répartition des moyens de production (dans l'espace et dans le temps), car de cette dynamique naissent les besoins en informations professionnelles. Ces typologies sont des grilles d'analyse qui aident à caractériser les exploitations de façon plus ou moins objective. Même étant important de faire attention aux limites de ces grilles face aux spécificités locales, les typologies sont un bon point de départ dans l'effort de caractérisation des exploitations agricoles. Dans ce sens, Cecilia et Mathilde m'ont suggéré la lecture de quelques articles du "Memento de l'agronome" et d'exemples pratiques dans le livre "Agricultures et paysanneries des Tiers mondes", de Marc Dufumier.

Essayant de lister des besoins probables en information des agriculteurs, on trouve facilement une première catégorisation: d'un côté des informations d'ordre personnel (nouvelles de la famille, réseau social non professionnel, etc.), et de l'autre côté des informations professionnelles. Ces dernières peuvent être liées à:
  • la production: informations sur les intrants (fournisseurs, prix, délais), des prévisions météorologique, des conseils techniques (d'intérêt général, spécifiques sur une culture, ou plus encore, personnalisés);
  • la commercialisation: sur les intermédiaires, sur les prix dans les divers marchés pertinents, sur le transport des produits jusqu'aux marchés (état des routes, coût associé au transport);
  • l'organisation professionnelle: sur des activités institutionnelles (réunions, assemblées), sur des projets et institutions d'aide au développement (éligibilité et comment en bénéficier);
  • le financement: information sur le crédit et l'assurance, auprès des fournisseurs d'intrants et auprès d'une IMF (institution de micro finance)

Il faut intégrer des informations stratégiques pour la prise de décision aux caractéristiques propres de l'exploitation. Par exemple: au moment du choix de quel produit cultiver, des informations prévisionnelles sur l'offre et la demande (basées sur l'historique de production et des prix dans la région, et sur les tendances des marchés en question), d'une nature beaucoup plus volatile et incertaine que les informations techniques propres aux ressources de l'exploitation, s'ajoutent à ces dernières dans l'analyse des contraintes et opportunités pour la campagne en cours.

Il est difficile de généraliser les besoins en information des agriculteurs, ces besoins sont très spécifiques dans le temps (moment du cycle cultural), par rapport à la culture en soi (produit agricole cultivé), et par rapport au contexte de production. Il est très important d'être proche du terrain dans la définition de ces besoins. Les OP pourraient peut-être jouer ce rôle (elles les font déjà dans certains cas), mais il faut faire attention à l'écart qui peut exister entre l'intérêt des leaders des OP et les besoins effectifs des agriculteurs représentés.

Plusieurs facteurs viennent complexifier l'analyse des besoins en information dans le cas des petites exploitations agricoles africaines. Quelques uns de ces facteurs adviennent du fait que, dans la grande majorité des cas, les exploitations ne sont pas (et n'ont pas eu la condition de l'être jusqu'à présent) structurées comme des entreprises. On peut constater cela par l'absence d'une dynamique structurée de réinvestissement productif, mais aussi par l'absence de salariés et par une forte superposition entre les sphères professionnelle et familiale. Des facteurs socioculturels et économiques sont imbriqués, par exemple, dans le mélange des dépenses et recettes de l'exploitation et de la famille dans une seule trésorerie. Un autre facteur: les produits des petites exploitations peuvent normalement être commercialisés dans plusieurs marchés, ces marchés ne sont pas en règle générale harmonisés entre eux. Dans ce contexte, l'information commerciale est d'autant plus spécifique et difficile à obtenir de façon fiable.

La promotion de l'accès à l'information économique implique des questions de pouvoir. Avec un marché plus transparent, il y a moins de place pour la spéculation. Le pouvoir de négociation du producteur bien informé augmente face à l'intermédiaire. Si d'un côté le bénéfice pour le producteur est clair (sa marge de bénéfice augmente), de l'autre côte on pourrait imaginer que la perte de pouvoir relatif dans la négociation serait mal reçue par les intermédiaires. Pourtant, Monsieur Blanchard a attiré notre attention au fait que souvent les intermédiaires perçoivent la transparence également du côté positif, et cela surtout grâce à la réduction de risques – avec un système plus transparent les intermédiaires peuvent mieux planifier leurs activités et récupérer la marge de bénéfice perdue par rapport à la situation de manque de transparence.

Quelques suggestions:
  • organiser une nouvelle réunion pour faire la point d'avancement académique dès que le travail de cadrage soit prêt et envoyé au directeur de thèse;
  • lire le préface et l'introduction du livre "Histoire des agricultures du monde", de Marcel Mazoyer et Laurence Roudart;
  • lire des exemples de typologie d'exploitation agricoles dans le livre "Agricultures et paysanneries des Tiers mondes", de Marc Dufumier;
  • consulter le Memento de l'agronome.
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